La Haute Autorité de la Communication a rendu publique ce mercredi 8 avril 2026 sa Décision N°008/HAC/P/2026 portant réglementation des campagnes médiatiques pour les élections législatives et communales du 24 mai 2026. Un texte contraignant qui encadre strictement la couverture de la campagne par les médias privés guinéens.
Les règles sont désormais écrites. Noir sur blanc.
Réunie en assemblée plénière le 8 avril 2026, la Haute Autorité de la Communication a adopté un cadre réglementaire complet destiné à gouverner la couverture médiatique des prochaines élections. Le document, signé par le président Boubacar Yacine Diallo, s’applique à l’ensemble des médias privés régulièrement établis en République de Guinée : radios et télévisions privées, presse écrite et en ligne, médias étrangers accrédités, ainsi que les canaux numériques des candidats et listes en lice.
Des fenêtres de campagne clairement délimitées
L’article 3 de la décision fixe avec précision les périodes de couverture autorisées. Pour les élections législatives, la fenêtre médiatique s’étend du 24 avril 2026 à 00h00 au 21 mai 2026 à 23h59. Pour les élections communales, elle court du 4 mai 2026 à 00h00 au 21 mai 2026 à 23h59. En dehors de ces plages, toute couverture à caractère de propagande reste interdite. La décision prend effet à compter de sa date de signature et sera publiée au Journal Officiel de la République.
Ce que les médias peuvent et ne peuvent pas faire
Le texte est précis sur les obligations comme sur les interdictions. Les médias privés sont tenus d’assurer un accès équitable à tous les candidats, avec des temps d’antenne et des espaces rédactionnels comparables, ainsi que des conditions tarifaires identiques pour tous. Les espaces dédiés à la campagne électorale devront être clairement identifiés.
En revanche, plusieurs pratiques sont formellement proscrites. Les médias ne peuvent ni diffuser de sondages d’opinion liés au scrutin, ni relayer des contenus issus d’organes de presse sans existence légale. Ils doivent également s’abstenir de toute manipulation de l’information via l’intelligence artificielle. L’article 17 interdit explicitement les deepfakes, hypertrucages et tout contenu audio ou vidéo généré par l’IA pouvant induire le public en erreur sur l’identité ou les opinions de candidats ou d’institutions.
Les journalistes candidats mis sur la touche
L’article 15 introduit une disposition particulièrement notable. À compter de la publication de la liste définitive des candidats et jusqu’à la proclamation des résultats, tout agent, journaliste, chroniqueur, consultant ou analyste ayant déposé sa candidature aux élections législatives ou communales devra s’abstenir de paraître à l’antenne ou de s’exprimer dans l’exercice de ses fonctions professionnelles.
Des sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension
La HAC ne laisse aucun doute sur sa détermination à faire respecter ce cadre. L’article 21 prévoit que tout organe de presse contrevenant s’expose à des sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension immédiate de sa participation à la campagne. Les émissions interactives sont également dans le viseur : tout dérapage dûment constaté pourra entraîner leur suspension ou l’interdiction de l’organe concerné, à titre de mesure conservatoire.
Par ailleurs, l’article 18 rappelle qu’une période de silence médiatique de 48 heures sera observée avant le jour du scrutin. Aucun message de propagande ne pourra être diffusé pendant cette fenêtre. Et le jour du vote, aucun résultat partiel ou définitif ne pourra être communiqué au public avant la fermeture du dernier bureau de vote.
À quelques semaines d’un scrutin double aux enjeux considérables, la HAC a posé un cadre juridique ambitieux. Sa capacité à le faire respecter sur l’ensemble du territoire guinéen, y compris dans les zones les plus reculées, constituera le vrai test de son autorité dans les semaines à venir.
Laguinee.info







