Réunis en séance plénière le 31 mars au Palais du peuple, les conseillers nationaux de la Transition ont adopté à l’unanimité le volet recettes du projet de loi de finances initiale pour l’exercice 2026. Ce budget prévoit une mobilisation globale des recettes estimée à 55 858,09 milliards de francs guinéens.
Selon le rapport de la Commission du Plan, des Affaires financières et du Contrôle budgétaire, la politique budgétaire pour 2026 vise à consolider la stabilité macroéconomique tout en soutenant la transformation structurelle de l’économie.
Des objectifs macroéconomiques ciblés
Les autorités se fixent plusieurs repères pour l’année à venir : maintenir le déficit budgétaire en dessous de 3 % du PIB, porter la pression fiscale à au moins 14 % du PIB et contenir l’inflation moyenne à moins de 6 %. Le gouvernement entend également préserver la soutenabilité de la dette, tout en réduisant le stock de la dette intérieure afin de dégager des marges pour financer les projets de développement.
Les hypothèses macroéconomiques retenues reposent sur une croissance de 9,5 %, une inflation moyenne de 3,5 % et un produit intérieur brut nominal estimé à 401 670 milliards de GNF. Le taux de change est projeté à 8 838 GNF pour un dollar et 10 595 GNF pour un euro.
Une forte progression des recettes
Comparées à la loi de finances rectificative 2025, les recettes de 2026 affichent une hausse de 11 897,47 milliards GNF, soit une progression de 27,06 %.
Le budget général concentre l’essentiel des ressources, avec 53 431,86 milliards GNF (95,67 %), tandis que les budgets d’affectation spéciale représentent 2 426,23 milliards GNF (4,33 %).
Dans le détail, les recettes du budget général enregistrent une augmentation de 26,70 % par rapport à 2025. Elles sont dominées par les recettes fiscales, estimées à 48 709,96 milliards GNF, soit 91,16 % du total. Les dons atteignent 1 952,40 milliards GNF (3,66 %) et les autres recettes s’élèvent à 2 769,50 milliards GNF (5,18 %).
Fiscalité et secteurs porteurs
La progression des recettes fiscales est principalement tirée par trois catégories : les impôts sur les biens et services (+22,24 %), les impôts sur le commerce extérieur et les transactions internationales (+26,07 %) et les impôts sur les revenus et bénéfices (+38,91 %).
Du côté des autres recettes, la hausse s’explique notamment par l’augmentation des revenus issus de la vente de biens et services (+43,71 %) et des revenus de la propriété (+28,16 %). Ces derniers proviennent en grande partie de dividendes attendus de sociétés minières et publiques, dont la Compagnie des bauxites de Guinée (CBG), la SAG ou encore la SOGUIPAMI.
Les dons, quant à eux, concernent exclusivement le financement de projets et programmes.
Mobilisation accrue des ressources internes
La stratégie de mobilisation des recettes repose sur plusieurs leviers, notamment le renforcement des primes de performance des agents fiscaux et douaniers, l’élargissement de l’assiette fiscale par l’intégration progressive du secteur informel, ainsi que l’accélération du projet SAFIG 2.
S’y ajoutent l’application stricte du prix de référence de la bauxite, l’intégration des arriérés fiscaux, la prise en compte des redevances de l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT) et la poursuite du recouvrement des créances issues de l’audit fiscal de 45 entreprises, avec l’appui de la Banque africaine de développement.
Des objectifs précis pour les régies financières
Pour atteindre ces ambitions, des objectifs chiffrés ont été assignés aux principales régies financières. La Direction générale des Impôts devra mobiliser 24 834,5 milliards GNF, la Direction générale des Douanes 25 490,67 milliards GNF et la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique 3 365,5 milliards GNF.
Par ailleurs, les recettes des budgets d’affectation spéciale sont attendues à 2 426,23 milliards GNF, en hausse de 35,75 % par rapport à 2025.
L’adoption de ce volet recettes marque une étape dans le processus d’examen du budget 2026, qui s’inscrit dans une dynamique de renforcement des finances publiques et de mobilisation accrue des ressources internes.
Laguinee.info







