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 CRIEF : Mohamed Lamine Bangoura visé par de nouvelles accusations

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L’ancien président de la Cour constitutionnelle, déjà poursuivi pour le détournement présumé d’une subvention de 20 milliards de francs guinéens, fait face à une nouvelle mise en cause. Ce lundi 30 mars 2026, un ancien greffier en chef s’est présenté devant les juges de la CRIEF pour témoigner d’un présumé détournement de salaire.

Il ne se passe pas une audience sans que le dossier Mohamed Lamine Bangoura ne s’étoffe un peu plus.

Ce lundi, c’est Lancinet Kankou Kourouma qui s’est avancé à la barre. Ancien greffier en chef par intérim de la Cour constitutionnelle, il est venu déposer devant les juges de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), a constaté sur place un reporter de Laguinee.info. Son accusation est directe : ses salaires lui auraient été retenus pendant plusieurs années, sous l’administration de l’accusé.

Des millions bloqués pendant des années

Le témoignage de Lancinet Kankou Kourouma met en lumière un écart salarial qui dure depuis 2017. Lorsqu’il rejoint la Cour constitutionnelle en provenance de la Cour suprême, il perçoit 3 millions de francs guinéens par mois. Or, un décret signé cette même année par le président Alpha Condé, sous l’administration de feu Kéléfa Sall, alors président de l’institution, fixait la rémunération du greffier en chef à 16 millions 500 mille francs guinéens.

Malgré ce texte réglementaire, son salaire n’aurait jamais été revalorisé. « Même avec l’augmentation exigée par le décret, je suis resté avec un salaire de 3 millions au lieu de 16 millions 500, jusqu’en 2021 », a-t-il déclaré devant les juges. Au total, il chiffre ses salaires impayés à 2 milliards 738 millions de francs guinéens.

« Nous n’avons reçu aucun franc »

L’ancien greffier en chef ne s’arrête pas là. Il évoque également une prime collective de 9 milliards de francs guinéens dont aurait bénéficié la Cour constitutionnelle en 2019. Une enveloppe dont les greffiers auraient été totalement exclus. « En 2019, la cour constitutionnelle a bénéficié de 9 milliards pour les primes. Mais les greffiers ont été lésés lors du partage. Nous n’avons reçu aucun franc », a-t-il affirmé.

Dans sa déposition, Lancinet Kankou Kourouma a indiqué ne pas être le seul dans cette situation, évoquant plusieurs autres greffiers de l’époque qu’il dit victimes des mêmes pratiques. « Je réclame mon salaire. Un salaire consigné dans le décret, et prévu dans le budget », a-t-il martelé devant la cour.

Une question d’honneur autant que d’argent

Si les montants en jeu sont considérables, le plaignant tient à préciser les raisons profondes de sa démarche. « Ce combat, je ne le mène pas pour l’argent, mais pour mon honneur », a-t-il déclaré, visiblement ému. Une formule qui résume l’état d’esprit d’un homme qui dit avoir subi, selon ses termes, « injustice et abus de confiance ».

Renvoi au 1er avril

Après avoir entendu le témoignage de l’ancien greffier en chef, le juge Yagouba Conté a renvoyé l’audience au 1er avril prochain pour la suite des débats. La version de l’accusé, Mohamed Lamine Bangoura, ainsi que celle de plusieurs anciens conseillers de la juridiction, devraient être entendues lors de cette prochaine séance.

Le dossier Bangoura, déjà lourd d’une accusation portant sur 20 milliards de francs de subvention détournée, continue donc de s’enrichir de nouvelles ramifications. L’audience du 1er avril dira si d’autres voix viendront encore compléter ce tableau.

Ismaël Sam, pour Laguinee.info

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