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Conakry : les obsèques de Toumba Diakité marquées par l’émotion et le recueillement

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La levée de corps de Aboubacar Toumba Diakité s’est tenue ce matin à l’hôpital Ignace Deen de Conakry. Famille, proches, anciens collaborateurs et avocats étaient réunis pour un ultime adieu à cette figure marquante de l’histoire récente de la Guinée, rapporte un journaliste de Laguinee.info qui était sur place.

Il y avait des larmes. Beaucoup de larmes. Dans la cour de l’hôpital Ignace Deen, la foule s’était massée en silence, visages fermés, regards perdus. Certains se soutenaient mutuellement. D’autres priaient, les yeux fermés. Pour tous ceux qui avaient connu Toumba Diakité — l’homme, le croyant, le combattant judiciaire — ce matin-là avait le goût d’un adieu difficile à accepter.

Une foule nombreuse pour un dernier hommage

La mobilisation a été importante. Membres de la famille, amis d’enfance, anciens collaborateurs, sympathisants, tous ont répondu présent pour accompagner Toumba Diakité dans son dernier voyage. Dans la cour de l’établissement hospitalier, les témoignages se sont succédé. Les uns pleuraient l’homme de foi, les autres rendaient hommage à celui qu’ils décrivaient comme un homme intègre et véridique.

Le cercueil, recouvert aux couleurs rouge, jaune et vert du drapeau guinéen, était porté à bout de bras par des proches, sous les yeux d’une assistance visiblement bouleversée.

Mes Paul Yomba Kourouma et Lancinet Sylla

Ses avocats, submergés par la douleur

Parmi les images les plus saisissantes de cette cérémonie, celle de ses deux avocats, Mes Paul Yomba Kourouma et Lancinet Sylla l’un vêtu de bleu, l’autre de blanc, incapables de retenir leurs larmes. Les deux hommes, qui ont défendu Toumba Diakité tout au long du procès historique des événements du massacre du 28 septembre 2009, se tenaient côte à côte, visiblement accablés.

 

Me Lancinet Sylla (Photo : Aly Badara Akila

Des gouttes de larmes coulaient sur leurs visages. Ils se soutenaient l’un l’autre, comme pour traverser ensemble l’épreuve de cette séparation définitive.

 

C’est Me Paul Yomba Kourouma qui a pris la parole devant les micros tendus, la voix brisée par l’émotion.

« Me Lancinet et moi, nous gardons beaucoup de souvenirs de lui. Nous ne cesserons jamais de le pleurer, il était devenu une partie de nous. Pendant plus d’une décennie, nous avons travaillé ensemble. Nous implorons le Créateur de l’accueillir dans son paradis éternel », a-t-il déclaré.

Il a ensuite confié l’intensité du choc ressenti depuis la disparition de son client :

« La mort de Toumba nous a vraiment touchés dans l’âme au point que nous n’avons plus le sommeil. Nous prions que Dieu, maître de la consolation, nous console. »

Une figure indissociable du 28 septembre 2009

Toumba Diakité demeure une figure indissociable de l’histoire contemporaine de la Guinée, notamment en raison de son lien avec le massacre du 28 septembre 2009, l’un des épisodes les plus sombres de la mémoire collective guinéenne. C’est ce poids historique qui explique, en partie, l’attention particulière dont ses obsèques ont fait l’objet, et la présence massive de ceux qui ont suivi de près ce dossier judiciaire hors du commun.

La cérémonie de levée de corps s’est déroulée dans une atmosphère de recueillement et de douleur partagée. Les prochaines étapes des funérailles n’ont pas encore été précisées. Pour ses avocats, comme pour ses proches, il faudra désormais apprendre à vivre avec l’absence de celui qui, selon leurs propres mots, « était devenu une partie d’eux ».

IAC, pour Laguinee.info

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