La Haute Autorité de la Communication a prononcé, ce mercredi 25 mars 2026, la fermeture immédiate de la chaîne de télévision privée Kaback TV et de toutes ses plateformes numériques. L’organe de régulation des médias en Guinée invoque un conflit d’intérêts lié à son concessionnaire, ainsi que la diffusion de contenus susceptibles de troubler l’ordre public.
C’est une décision qui tombe comme un couperet. En ce mercredi 25 mars 2026, réuni en séance plénière ordinaire, le Collège de la Haute Autorité de la Communication (HAC) a décidé de mettre fin aux activités de Kaback TV, chaîne de télévision privée émettant sur le territoire national guinéen.
La décision, référencée N° 006/HAC/P/26, est sans appel. Elle ordonne « la fermeture immédiate de la chaîne de télévision KABACK TV et de ses plateformes numériques », et prend effet à compter de sa date de signature.
Un conflit d’intérêts au cœur de la décision
Les motifs avancés par l’institution sont doubles. D’une part, la HAC pointe la situation administrative du concessionnaire de la chaîne, qu’elle juge contraire aux principes de neutralité, d’impartialité et de séparation entre fonctions publiques et activités privées de communication audiovisuelle. Une violation, selon l’autorité de régulation, des dispositions légales et réglementaires en vigueur en République de Guinée.
D’autre part, l’institution reproche à Kaback TV la diffusion « d’images et de propos non recoupés susceptibles de troubler l’ordre public ». Une accusation grave, qui place la chaîne au cœur d’un débat sur la responsabilité éditoriale des médias privés en Guinée.
Une décision fondée sur plusieurs textes de loi
Pour asseoir sa décision, la HAC s’appuie sur plusieurs textes fondamentaux : la Constitution guinéenne en ses articles 176 et 196, la loi organique L/2020/0010/AN du 3 juillet 2020 régissant les attributions et le fonctionnement de la HAC, ainsi que la loi organique L/2010/002/CNT de juin 2010 portant liberté de la presse. Le Règlement intérieur de la Haute Autorité de la Communication a également été invoqué, tout comme les textes encadrant les incompatibilités et conflits d’intérêts dans l’exercice des fonctions publiques.
La fermeture de Kaback TV soulève inévitablement des questions sur l’avenir du paysage audiovisuel privé guinéen et sur les conditions d’exercice de la liberté de presse dans le pays. La chaîne n’a, pour l’heure, pas fait connaître sa réaction officielle.
Laguinee.info







