La communauté musulmane de Fofomérè, dans la commune urbaine de Kagbélen, a marqué vendredi la fête de l’Aïd El-Fitr dans une atmosphère de recueillement et de fraternité. L’occasion pour l’imam de la localité de délivrer un message de paix et de cohésion nationale, à l’approche d’échéances électorales prévues en mai prochain.

La fête a commencé bien avant le premier appel à la prière. Dès 9 heures du matin, les habitants de Fofomérè affluaient vers la grande mosquée El Saifoulaye Bah, au cœur du marché local. Habits de fête, parfums, embrassades : les abords de la mosquée prenaient des allures de retrouvailles autant que de lieu de culte.
Comme partout en Guinée, ce vendredi marquait la fin du mois de Ramadan. Trente jours de jeûne, d’efforts et de dévotion célébrés dans la joie commune. Hommes, femmes et enfants s’étaient donné rendez-vous pour prier ensemble et vivre, le temps d’une matinée, un moment de communion fraternelle.

Un sermon entre spiritualité et appel civique
La prière de l’Aïd a été dirigée par l’imam El Ibrahima Sow, connu de ses fidèles sous le nom d’Oustaz Ibrahima Sow. Dans un office conduit avec sobriété, le guide religieux a rappelé le sens profond du mois béni. « L’importance du jeûne, des ruptures collectives et de tous ces sacrifices, c’est pour glorifier le Tout-Puissant Allah, pour renforcer notre unité dans la foi et pour cultiver le bonheur au sein de la communauté », a-t-il déclaré devant une assemblée attentive.
Mais l’imam n’a pas limité son message à la sphère religieuse. Dans un contexte guinéen marqué par des perspectives électorales à venir, il a choisi de s’adresser à tous ses compatriotes. « Je demande à tous les Guinéens de rester unis. Ce ne sont pas les élections qui font de nous des Guinéens, et elles ne peuvent pas non plus nous enlever cette identité. Nous devons nous tendre la main en toutes circonstances pour bâtir un pays prospère », a-t-il lancé.
Plus qu’une fête, un message
À Fofomérè, l’Aïd El-Fitr aura donc revêtu une double dimension. Religieuse, d’abord, avec la clôture solennelle d’un mois de pratique spirituelle intense. Mais aussi citoyenne. La mosquée, le temps d’un sermon, s’est muée en tribune pour rappeler des valeurs que rien, ni les divisions politiques, ni les tensions sociales, ne devrait entamer.
La fête se terminera comme elle a commencé : dans les rires, les plats partagés et les vœux échangés entre voisins. Mais les mots de l’imam, eux, continueront peut-être à résonner bien au-delà de ce vendredi de célébration.
IAC, pour Laguinee.info







