À quelques heures de la fête de Ramadan, le marché des volailles s’embrase sous l’effet d’une forte affluence. Entre ruée des acheteurs, étals bondés et préparatifs de dernière minute, une autre réalité s’impose : celle des prix, diversement appréciés par les citoyens.

Au marché de Km 36, vendeurs et clients se croisent dans une agitation nourrie par l’approche de la célébration. Femmes et hommes s’activent pour garnir les marmites et offrir à leurs familles un repas de fête digne de ce nom. Mais derrière cette effervescence, une question revient avec insistance : à quel prix faudra-t-il acheter le poulet cette année ?
Interrogé sur les tarifs pratiqués, Ibrahima Bah, vendeur de poulets, détaille les prix selon l’origine des volailles : « Je vends des poulets américains à 200 mille, des poulets africains à 180 mille et des poulets européens à 75 mille. »

Le commerçant précise qu’il s’approvisionne à l’intérieur du pays, notamment dans la zone comprise entre Labé et Pita. Il décrit aussi le soin qu’il accorde à son activité au quotidien : « Moi, j’achète mes poulets à Labé jusqu’à Pita. Je vends mes poulets à 95 mille. Quand je viens le matin, je balaie très bien et je leur donne à manger. »
Sur le terrain, les réactions des consommateurs sont loin d’être unanimes. Une cliente rencontrée avec deux poulets en main ne cache pas son amertume après son achat : « J’ai acheté 2 à 140 mille, mais c’est très cher. »

À l’opposé, une autre vendeuse, ayant requis l’anonymat, juge les prix supportables et conformes aux habitudes observées à l’approche des fêtes. « Les prix sont abordables. C’est comme ça chaque année. Nous sommes habitués déjà. Mon mari aime le poulet africain et c’est ce que nous mangeons », affirme-t-elle.
Mais pour d’autres citoyens, la situation dépasse le simple jeu de l’offre et de la demande. Mohamed Lamine Camara, lui, hausse le ton et appelle clairement à une régulation du marché par les autorités. « Les prix sont trop chers. Les commerçants n’ont pas pitié de la population. L’État doit faire face aux commerçants, faire comme Sékou Touré. Fixer les prix. Autant de Sékou Touré, on rentrait dans les marchés et on fixait les prix, même le piment n’était pas épargné, l’oignon et autres. Il y avait le suivi. L’inspecteur du marché, c’est son rôle de veiller sur les prix », déclare-t-il.
À l’approche des fêtes en Guinée, le même scénario semble se répéter : d’un côté, des consommateurs qui dénoncent la cherté ; de l’autre, des citoyens qui disent composer avec une réalité devenue presque ordinaire. Une chose est sûre : sur le marché des volailles, les prix des poulets alimentent encore les discussions et attisent les frustrations à la veille du Ramadan.
IAC, pour Laguinee.info







