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Boké : à Correrah, un centre de santé à bout de souffle face à une demande croissante

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À environ cinq kilomètres du centre-ville de Boké, le centre de santé de Correrah, situé dans un quartier périphérique en pleine expansion, présente aujourd’hui un visage inquiétant. L’établissement, qui accueille de plus en plus de patients venus des villages environnants, fonctionne dans des conditions de dégradation avancée.

Sur place, les images témoignent de l’ampleur de la détérioration. Dans la cour du centre, un ancien forage apparaît abandonné, entouré d’ouvrages en béton fissurés et envahis par la poussière. L’installation, visiblement hors service, illustre l’absence d’un accès fonctionnel à l’eau potable.

À quelques mètres, un petit bâtiment annexe présente un état de délabrement avancé. La toiture, faite de tôles usées, est partiellement arrachée. Les murs, noircis et fissurés, montrent des signes évidents d’usure. Une bâche de fortune semble avoir été installée pour limiter les infiltrations, sans véritable efficacité.

L’entrée principale du centre de santé n’échappe pas à ce constat. Le portail métallique et les murs d’enceinte portent les marques du temps, avec des traces visibles de dégradation et d’absence d’entretien. À l’intérieur, les bâtiments visibles conservent une structure ancienne, contrastant avec les besoins actuels d’une structure sanitaire moderne.

Des conditions de travail précaires pour le personnel soignant

Malgré ces difficultés, le centre continue de fonctionner grâce à l’engagement de ses 33 agents de santé. Mais les limites sont visibles.

« Notre salle d’accouchement ne répond pas aux normes. Nous n’avons pas de véritable salle de soins et nos salles d’hospitalisation sont très peu équipées. Comme vous pouvez le constater, le bâtiment est très vieux », alerte Aïssatou Sampill, suppléante au centre.

Dans ces conditions, les soignants disent faire face à une pression croissante liée à l’afflux de patients, tout en manquant de moyens essentiels pour assurer une prise en charge adéquate.

Le manque d’eau potable, un risque sanitaire majeur

Parmi les problèmes les plus urgents figure l’absence d’un système d’approvisionnement fiable en eau potable. Le forage existant est hors service depuis plusieurs années.

« L’ancien forage est en panne depuis des années. Pourtant, en matière de santé, l’eau potable est primordiale. L’état des latrines est également très vétuste, ce qui peut exposer les patients à d’autres maladies », explique un médecin du centre.

Cette situation soulève des inquiétudes quant aux risques sanitaires encourus par les patients, dans un environnement déjà fragilisé.

Un appel pressant à l’aide

Face à l’ampleur des besoins, le personnel soignant et les habitants multiplient les appels à l’endroit des bonnes volontés, notamment les ressortissants de la localité.

« Nous prions vraiment les personnes de bonne volonté et les fils ressortissants de Correrah de nous venir en aide », lance Aïssatou Sampill.

Dans le quartier, le message est le même. Les populations réclament une amélioration rapide des conditions de prise en charge.

« Nous demandons aux ressortissants de Correrah, qu’ils soient en Europe ou ailleurs, de nous venir en aide. Les médecins ici veulent travailler, mais sans équipements, comment peuvent-ils le faire ? », s’interroge Bafodé Dramé, habitant.

Une structure sous pression dans une zone en croissance

Avec une population estimée à environ 8 400 habitants répartis dans 13 secteurs, Correrah fait face à une croissance démographique qui accentue la pression sur ses infrastructures sanitaires.

Parmi les priorités identifiées figurent la construction d’un nouveau bâtiment, l’équipement des salles de soins et d’hospitalisation, ainsi que la réalisation d’un forage moderne pour garantir l’accès à l’eau potable.

Dans ce quartier cosmopolite, l’urgence est désormais clairement posée : adapter le centre de santé aux besoins d’une population en constante augmentation.

 

Amadou Oury Coumbassa, pour Laguinee.info

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