La décision des autorités guinéennes de dissoudre 40 partis politiques continue de susciter de nombreuses réactions au sein de la classe politique nationale. Parmi les voix qui se sont exprimées, celle d’Alhousseiny Makanera Kaké se distingue par son soutien clair à cette mesure, malgré l’importance historique de certaines formations concernées.
Ancien leader du Front National pour le Développement FND, l’homme politique guinéen affirme que la dissolution s’appuie sur des fondements juridiques solides.
« Si l’on se réfère au cadre légal, et je maintiens ma position, aucun des partis dissous ne peut prétendre avoir respecté la loi organique de 1991 et la loi organique de 2025 régissant les partis politiques en République de Guinée », a-t-il déclaré.
Selon lui, ces textes définissent clairement les règles de fonctionnement et de financement des formations politiques dans le pays.
« Ces lois stipulent clairement que les partis politiques sont des associations fonctionnant grâce aux cotisations de leurs membres. Aucun parti ne peut recevoir de dons ou de legs dépassant 20 % de son patrimoine », a-t-il expliqué.
L’ancien allié de plusieurs acteurs majeurs de la scène politique guinéenne estime également que la question du financement constitue l’une des principales irrégularités observées au sein des partis.
« De plus, tout don doit être préalablement approuvé par le ministère de l’Administration du Territoire. Or, de nombreux partis n’ont même pas un patrimoine de 50 000 francs, mais possèdent des sièges valant des milliards et financent des campagnes avec des sommes colossales », a-t-il ajouté.
Au-delà des questions financières, Alhousseiny Makanera Kaké pointe également du doigt le manque de fonctionnement démocratique interne dans plusieurs formations politiques.
« Aucun de ces partis n’organise régulièrement et conformément à ses statuts des congrès. Même ceux qui ont tenté de faire semblant d’organiser un congrès », s’est-il insurgé.
La dissolution de ces partis s’inscrit dans un processus de restructuration du paysage politique engagé par les autorités guinéennes, une démarche qui continue de diviser l’opinion publique et les acteurs politiques du pays. Certains y voient une opportunité d’assainir la vie politique, tandis que d’autres redoutent une réduction de l’espace démocratique.
IAC, pour Laguinee.info







