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Enlèvement des proches de Tibou Kamara : la CODDH exprime son indignation et dénonce une « spirale autoritaire »

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La vague de réactions se poursuit après l’enlèvement de membres de la famille de l’ancien ministre Tibou Kamara survenu à Dinguiraye. Dans une déclaration rendue publique à Conakry le 6 mars 2026, la Coordination des Défenseurs des Droits Humains a exprimé « une profonde consternation et une vive indignation » face à ce qu’elle qualifie d’enlèvement arbitraire.

Dans sa déclaration, l’organisation indique que « l’enlèvement arbitraire de membres de la famille de l’ancien ministre de la République, Monsieur Tibou Camara, s’inscrit dans un contexte de répression systématique des voix dissidentes et de leurs proches ».

Une intervention décrite comme violente

Selon la CODDH, les faits se seraient produits dans la soirée du mardi 3 mars 2026.

« Le mardi 03 mars 2026, entre 20 heures et 21 heures, la résidence de Monsieur Camara à Dinguiraye a été violemment investie par des individus cagoulés et en tenue militaire, circulant à bord de trois véhicules non immatriculés », indique la déclaration.

Ces individus auraient procédé à l’enlèvement forcé de deux membres de la famille de l’ancien ministre.

« Ces individus ont procédé à l’enlèvement forcé de deux membres de sa famille, sans présentation d’aucun mandat ni notification légale », précise la CODDH.

Les personnes concernées sont :

Hadja Assoumaouh Diallo, âgée de 84 ans, mère de Tibou Camara ;

Hadja Binta Camara, âgée de 68 ans, présentée comme l’aînée de la famille.

Selon l’organisation, « leurs proches sont à ce jour sans la moindre nouvelle de leur sort ».

Une pratique jugée récurrente

Dans sa déclaration, la CODDH affirme que cet enlèvement intervient dans un contexte marqué par plusieurs affaires similaires restées impunies.

L’organisation cite notamment les disparitions de Oumar Sylla et de Mamadou Billo Bah, ainsi que les arrestations visant des proches de l’artiste Elie Kamano et de Nènè Oussou Diallo, cadre de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée.

Pour la CODDH, le constat est « accablant ».

« La Guinée s’enfonce dans une spirale autoritaire où les familles de figures politiques deviennent des cibles désignées pour intimider et réduire au silence toute opposition », dénonce l’organisation.

Une violation des engagements internationaux

Dans sa déclaration, la CODDH estime que ces pratiques constituent « une violation flagrante et inacceptable des lois nationales et des engagements internationaux de la Guinée ».

Elle rappelle que la Guinée est signataire du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi que de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

Ces instruments juridiques garantissent notamment le droit à la vie ainsi que le droit à la liberté et à la sécurité des personnes, y compris la protection contre les arrestations et détentions arbitraires.

L’organisation souligne également que ces principes sont consacrés par la Constitution guinéenne, notamment dans ses dispositions relatives à l’inviolabilité de la personne humaine et à la protection contre les traitements inhumains ou dégradants.

Des exigences adressées aux autorités

Face à la gravité de la situation, la CODDH demande l’ouverture d’investigations immédiates.

« La CODDH saisit solennellement le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme pour qu’une enquête indépendante, sérieuse et impartiale soit immédiatement diligentée afin d’identifier les auteurs de ces enlèvements, localiser les victimes et les restituer à leurs familles dans les plus brefs délais », indique la déclaration.

L’organisation exige également une communication transparente sur l’évolution des investigations et réclame que l’intégrité physique et morale des membres de la famille de Tibou Camara soit garantie.

Elle appelle en outre à « la cessation immédiate des interpellations extrajudiciaires menées par des agents cagoulés », estimant que ces pratiques sapent les fondements de l’État de droit.

Un rappel des responsabilités de l’État

Dans la dernière partie de sa déclaration, la CODDH interpelle directement les autorités.

L’organisation rappelle au chef du gouvernement et au président de la République « leur responsabilité constitutionnelle et leur obligation régalienne de protéger la sécurité et les droits fondamentaux de tous les citoyens guinéens, sans exception ni discrimination ».

Elle souligne que ces enlèvements, visant notamment des femmes âgées et vulnérables, « engagent directement la responsabilité de l’État guinéen devant la communauté nationale et internationale ».

La CODDH affirme enfin qu’elle restera mobilisée et vigilante sur l’évolution de cette affaire.

Laguinee.info 

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