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Enlèvement de proches de Tibou Kamara : Cellou Dalein Diallo dénonce des pratiques « indignes » et exige des explications

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L’opposant guinéen Cellou Dalein Diallo est monté au créneau après l’enlèvement de la mère et de la sœur aînée de l’ancien ministre Tibou Kamara, survenu dans la nuit du mardi 3 mars 2026 à Dinguiraye, à environ 380 kilomètres de Conakry. Dans une déclaration au ton particulièrement sévère, l’ancien Premier ministre exprime sa « profonde consternation » et dénonce un acte qu’il qualifie de grave dérive.

Selon les informations relayées par l’opposant, l’opération s’est déroulée « aux environs de 22 heures », peu après la rupture du jeûne. « Des hommes en uniforme, encagoulés et circulant à bord de pick-up non immatriculés ont fait irruption au domicile familial à Dinguiraye pour procéder à l’arrestation de Hadja Asmaou Diallo, âgée de 84 ans, et de Hadja Fatoumata Binta Camara, âgée de 67 ans », affirme-t-il, estimant que cette intervention s’est déroulée « en dehors de tout cadre légal ».

Pour Cellou Dalein Diallo, cet enlèvement ne constitue pas un fait isolé. Il l’inscrit dans ce qu’il décrit comme « une longue et douloureuse série de disparitions forcées » enregistrées en Guinée depuis plusieurs années.

L’opposant cite notamment les cas de Oumar Sylla et de Mamadou Billo Bah, portés disparus depuis juillet 2023. Il évoque également le cas du journaliste Habib Marouane Camara, enlevé à Conakry en décembre 2024, ainsi que celui de Saadou Nimaga, arrêté en octobre 2024.

Dans la même déclaration, il mentionne aussi l’enlèvement de Mamadou Bory Barry et d’El Hadj Adama Keita, père du journaliste Babila Keita, en septembre 2025. S’ajoutent, selon lui, les enfants de l’artiste Elie Kamano enlevés en novembre 2025, ainsi que Nènè Oussou Diallo et Sékou Camara, fils de Facinet Camara, enlevés en janvier 2026.

« À ce jour, aucune de ces familles n’a reçu la moindre information sur le sort de leurs proches », déplore l’opposant.

Dans sa déclaration, Cellou Dalein Diallo accuse directement les autorités de s’en prendre aux familles de certaines figures critiques du pouvoir. « À défaut de mettre la main sur les critiques du régime se trouvant à l’étranger, le pouvoir s’en prend aux membres de leurs familles restés en Guinée », affirme-t-il, estimant que ces pratiques viseraient à faire taire ceux qui dénoncent la gouvernance actuelle.

Le leader politique dit condamner « avec la plus grande fermeté ces actes indignes et inhumains ». Il exige la libération « immédiate et inconditionnelle » des proches de Tibou Kamara, ainsi que de toutes les personnes portées disparues depuis l’arrivée au pouvoir du Comité National du Rassemblement pour le Développement.

Enfin, il appelle les forces vives de la nation, les autorités religieuses, les organisations de défense des droits humains et les partenaires internationaux de la Guinée à ne pas détourner le regard face à ce qu’il qualifie de « violations flagrantes des droits de l’homme ».

 

Laguinee.info

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