Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Cellou Baldé, a mené ce mercredi une inspection sans concession des stades de Nongo et du 28 Septembre. Le constat est sans équivoque : retard, lenteur et manque de rigueur marquent ces infrastructures phares du sport guinéen.
Sur le chantier de Nongo, confié à l’entreprise éthiopienne Tacon, le ministre n’a laissé passer aucun manquement. « Il y a eu assez de retards, parce que selon les informations données par le cabinet, il était question de le livrer au mois de décembre passé », a-t-il rappelé, la voix tranchante. Puis, il a ajouté, cinglant : « Je n’apprécie pas ce qui est là. Je vois le verre à moitié vide, pas à moitié plein. Certes, je ne le minimise pas, mais j’essaie de questionner, d’interroger ce qui n’est pas encore fait. Pourquoi ce n’est pas fait ? »
Il n’excuse pas les contraintes liées à la cérémonie d’investiture, mais relève un point positif : « Ce qui est intéressant, c’est que la direction générale de l’entreprise est ici en Guinée. Leurs travailleurs sont là. Il y a beaucoup de matériels déjà arrivés et d’autres commandés. Jusqu’aujourd’hui, ils travaillaient seulement la journée. Pour livrer le stade homologué par la CAF, ils m’ont assuré qu’ils sont prêts à travailler nuit et jour. C’est un engagement qu’ils ont pris. »
Mais le ministre impose ses exigences : « Nous avons décidé d’avoir une réunion avec eux lundi prochain au département pour traiter toutes les questions qui n’ont pas été évacuées sur le terrain. » Chaque retard, chaque obstacle administratif, chaque inertie technique doit désormais trouver réponse immédiate.
Cellou Baldé place la barre très haut et ne badine pas : « Nous voulons notre ambition : que le stade de Nongo soit prêt avant les matches de qualification du Syli national. C’est tout le combat que nous menons. » Et d’ajouter : « Le ministère de la jeunesse a connu assez de ministres. Chacun pose ses marques. Il essaie de capitaliser les acquis, corriger les faiblesses pour produire des résultats, non pas pour lui, mais pour la jeunesse et le peuple de Guinée. »
Au stade du 28 Septembre, la critique reste ferme, malgré un chantier jugé « dynamique » : « Des travaux sont en cours, mais cela n’a pas le même enjeu que Nongo. Ici, l’homologation n’est que pour certaines équipes, pas le Syli national. » Il souligne que la pelouse est prête depuis presque un an, mais que d’autres infrastructures doivent être finalisées pour permettre le développement d’autres disciplines sportives.
Avant de clore sa visite, le ministre n’a pas caché son impatience face aux divisions du mouvement sportif : « Personne n’a à gagner dans la contradiction. Soyons une équipe. Soyons des patriotes. Faisons en sorte que nos stades soient homologués, que le Syli revienne à la maison et que nous travaillions pour le développement du sport guinéen. »
Dans ce contexte, les montants investis, les discours flatteurs et les promesses ne suffisent plus. Selon Cellou Baldé : « Tant que les stades ne sont pas livrés pour la jeunesse, pour l’opinion, rien n’est en train d’être fait. » Chaque minute de retard est désormais scrutée, chaque inertie sanctionnée. Les prestataires ont été mis en garde : la tolérance a ses limites, et la rigueur s’impose.
Le message du ministre est clair, tranchant, et sans détour : il n’y aura plus de place pour les excuses, seulement pour les résultats.
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