La décision de renvoyer plusieurs jeunes filles des Lycée N’Dama et Lycée Mohamed VI pour la diffusion de vidéos controversées continue de susciter des réactions.
Des voix de la société civile et des activistes estiment que la mesure, bien que justifiée par la gravité des faits, est disproportionnée et pourrait produire des effets contraires à la protection des jeunes filles.
Point de vue des activistes
Aminata Abass Doumbouya a adressé un message au ministre de l’Éducation, Alpha Bacar Barry, dans lequel elle critique la sanction :
« Des jeunes filles ayant publié des vidéos dans lesquelles elles déclarent être sorties avec des pères de famille et des professeurs ont été renvoyées de leur établissement pour toute l’année scolaire. Je considère l’acte très grave, mais cette décision est très excessive et constitue un abus. Elle risque non seulement d’encourager le décrochage scolaire, mais également d’aggraver leur vulnérabilité. »
Elle souligne que cette exclusion pourrait exposer davantage les élèves à des risques de : « Grossesses précoces, d’abandon définitif du parcours scolaire ou d’autres formes de dérives sociales. L’école doit rester un cadre de protection, même lorsqu’il y a faute ou controverse. »
Selon elle, la sanction ne traite pas le problème de fond, lié aux comportements inappropriés de certains enseignants :
« Remplacer tout le corps enseignant du lycée ne suffira pas non plus. Des professeurs qui sortent avec leurs élèves au lycée, nous en avons pratiquement tous été témoins et c’est ce réseau qu’il faut démanteler dans nos lycées! »
Elle appelle à des actions structurelles pour prévenir de telles situations, notamment :
« Il est primordial d’introduire dans nos établissements scolaires des mécanismes solides de prévention, d’éducation civique et morale, de protection des élèves et de signalement sécurisé. L’État a le devoir de protéger, d’encadrer et de prévenir, et non d’écarter ! »
Témoignages sur d’autres cas
Kadiatou Konaté, activiste pour la protection des mineurs, évoque un précédent dramatique : « C’est ici qu’un enseignant du primaire a abusé sexuellement de plusieurs de ses élèves de moins de 8 ans en classe de première année. Malheureusement comme toujours, aucune réaction du Ministère de l’éducation. Mais là, au lieu de trouver une meilleure alternative, on les pousse vers l’abandon scolaire, pendant que les professeurs et les pères de famille impliqués restent impunis… »
Laguinee.info







