L’intelligence artificielle s’impose progressivement dans plusieurs domaines à travers le monde, et le secteur judiciaire ne fait pas exception. Lors d’un panel consacré aux opportunités et aux risques de cette technologie sur les métiers du droit, Djibril Magassouba, magistrat à la Cour des comptes et enseignant-chercheur à l’Université Général Lansana Conté (UGLC) de Sonfonia, a présenté les bénéfices et les limites de l’IA dans le système judiciaire guinéen.
Selon le magistrat, l’IA peut considérablement faciliter le travail des professionnels du droit. Elle permet un accès rapide aux références juridiques pertinentes et peut générer, en un clic, plusieurs jurisprudences liées à une affaire donnée. « Dans le monde judiciaire, il ne faut pas occulter que l’intelligence artificielle peut assister le magistrat dans l’examen de son dossier. Elle mobilise un arsenal textuel, des textes de lois en rapport avec le conflit », a-t-il expliqué.
L’utilisation de l’IA pourrait également contribuer à réduire les délais de traitement des affaires judiciaires, améliorant ainsi l’efficacité globale du système : « Cela permettra de réduire le délai de traitement du dossier. Les justiciables seront satisfaits dans un temps record et la justice deviendra davantage efficace », a ajouté M. Magassouba.
Mais l’IA ne remplace pas l’humain
Malgré ces avantages, le magistrat a insisté sur les limites de l’intelligence artificielle. « L’intelligence artificielle n’a pas de cœur, le magistrat a le cœur. Ça ne peut pas remplacer le juge, ça doit le compléter », a-t-il souligné. La responsabilité de rendre une décision de justice reste exclusivement humaine, reposant sur l’analyse, l’expérience et l’intime conviction du magistrat.
Il a averti que le recours excessif à l’IA pour la rédaction de décisions judiciaires pourrait générer des erreurs ou des décisions préjudiciables aux justiciables : « Le juge ne peut pas se fier à l’IA pour la rédaction d’une décision de justice, sinon il sera dans une forme d’automatisme juridique qui pourrait avoir des conséquences erronées et dramatiques. »
Djibril Magassouba a également rappelé que certaines appréciations, comme les circonstances aggravantes ou atténuantes, nécessitent une analyse subjective que seule la conscience humaine peut apporter. L’IA, pour le moment, ne dispose pas de cette capacité.
Cette intervention souligne l’importance d’encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la justice afin d’éviter des effets pervers et de garantir que la technologie reste un outil complémentaire, au service du juge et non l’inverse.
IAC, pour Laguinee.info







