« La santé publique ne se limite pas aux soins, elle implique aussi l’administration des structures sanitaires. » À travers cette déclaration, Dre Djenaba Baldé, spécialiste en santé publique et superviseure déléguée médicale, met en lumière une dimension souvent peu visible du système sanitaire : la gestion organisationnelle des établissements de santé.
Formée à Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, cette professionnelle évolue aujourd’hui à l’interface entre encadrement des équipes médicales et fonctionnement opérationnel des services de santé. Pour elle, l’exercice de la santé publique dépasse largement la prise en charge clinique des patients.
« Ma vocation, c’est la santé globale et le traitement de masse. La gestion des hôpitaux fait partie de nos attributions. Quand tu es médecin en santé publique, tu dois savoir gérer un hôpital, un district sanitaire, les DPS et même des projets de santé », explique-t-elle.
Dans ses fonctions actuelles, Dre Baldé assure la coordination d’équipes sur le terrain, la planification des activités et l’accompagnement des professionnels dans leurs missions. Une responsabilité qui s’inscrit dans une logique de performance du système sanitaire, où l’organisation et la planification conditionnent l’efficacité des soins.
« Il faut aussi les former. Je participe à leur formation et à leur coaching », précise-t-elle, évoquant les défis liés à l’encadrement des ressources humaines dans le secteur de la santé.
Au-delà de l’encadrement technique, la spécialiste souligne l’importance des fonctions administratives dans l’amélioration de l’offre de soins. « Un poste de responsabilité permettrait de travailler sur l’accès aux soins de qualité, qui est l’un des piliers du système de santé », indique-t-elle, estimant que la maîtrise des produits et des dispositifs sanitaires peut faciliter l’accès des populations aux services médicaux.
Cette approche s’inscrit dans le contexte des réformes en cours visant l’élargissement de la couverture sanitaire. « L’objectif est de permettre à tous les Guinéens d’accéder à des soins de qualité, sans tenir compte du coût. Beaucoup de personnes doivent payer de leur poche pour se soigner. Si rien n’est fait, certains peuvent mourir de maladies bénignes », alerte-t-elle.
À l’heure où les politiques publiques mettent l’accent sur l’accès universel aux soins, la gestion efficace des structures sanitaires apparaît ainsi comme un levier déterminant pour renforcer la performance du système de santé et garantir la qualité des prestations offertes aux populations.
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