Ce 13 février, il reste un jour avant la Saint-Valentin. Au marché du Km 36, dans la commune urbaine de Conakry, l’amour se prépare déjà… et se vend.
Sous des bâches accrochées à la hâte, entre deux allées étroites, les couleurs rouge et rose dominent les étals. Des robes soigneusement suspendues attirent les regards. À côté, des sacs à main, des montres brillantes, des chaussures et des bouquets de fleurs emballés attendent d’être choisis. Ici, les vendeurs ne parlent pas seulement de sentiments. Ils parlent aussi de chiffre d’affaires.

Depuis le début de la semaine, les clients passent, observent, demandent les prix. Mais ce jeudi, les choses changent. Les hésitations laissent place aux décisions.
« Depuis ce matin, ceux qui venaient regarder reviennent pour acheter. Ils disent que maintenant, il ne reste plus beaucoup de temps », raconte Mariama Diallo, debout derrière une rangée de robes rouges.
À quelques mètres, un jeune homme discute le prix d’une montre. Il explique vouloir « préparer quelque chose de simple mais qui va faire plaisir ». Finalement, il choisit un modèle argenté que le vendeur emballe dans un petit coffret.
Plus loin, sur une table recouverte de papier cadeau, plusieurs paquets sont déjà prêts. Certains clients ont payé à l’avance, mais ont demandé aux vendeuses de garder les articles jusqu’au 14 février.
« Ils disent que s’ils rentrent avec aujourd’hui, leurs femmes vont voir. Donc ils préfèrent payer et venir récupérer demain », explique Aïssatou Bah en montrant des sacs soigneusement emballés.

Pour les commerçants, cette période est décisive. Beaucoup ont investi dans des articles spécialement pour cette fête. Après le 14 février, ces produits deviennent difficiles à vendre.
Fatoumata Keïta, vendeuse de fleurs, tient un bouquet à la main tout en interpellant les passants.
« On espère seulement que ça va partir avant demain. Après la fête, personne ne va acheter ça », dit-elle.
Dans les allées, des couples se forment autour des stands. Certains choisissent des accessoires, d’autres des vêtements. Les budgets varient, mais l’intention reste la même.
« Même si ce n’est pas grand-chose, il faut offrir quelque chose », confie Ousmane, venu acheter un sac pour sa fiancée.
À 24 heures du 14 février, le marché du Km 36 vit au rythme des préparatifs. Entre achats anticipés et réservations discrètes, la Saint-Valentin apparaît, pour ces commerçants, comme une rare occasion de relancer les ventes, dans un contexte où chaque transaction compte.
IAC , pour Laguinee.info







