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Sel rare, eau introuvable : la galère des femmes de Sonfonia

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À Bas-fond, dans la commune de Sonfonia, la production artisanale du sel, autrefois source essentielle de revenus pour de nombreuses familles, est aujourd’hui en crise. Chaque jour, sous un soleil accablant, des femmes salicultrices luttent pour survivre dans un environnement hostile, entre boue, poussière, eau salée et feu.

Malgré leur courage, elles font face à une réalité de plus en plus difficile : raréfaction du sel, pauvreté grandissante, manque d’eau potable et difficultés pour écouler leurs produits. Sur place, Laguinee.info a constaté que ces femmes, majoritairement chefs de famille, dépendent presque exclusivement de cette activité pour nourrir leurs enfants et assurer leur scolarisation.

 

Des enfants dans une zone de production de sel à Sonfonia

« La terre ne contient plus de sel », confie Aïcha Camara, salicultrice. « C’est ici que nous produisons habituellement le sel. Chaque année, nous venons travailler dans ce bas-fond, mais cette fois-ci, il n’y a presque rien. La terre que nous grattons ne contient plus de sel. Tout cela est dû à la fermeture du canal d’eau salée par l’État pour des travaux. L’eau qui apporte le sel n’arrive plus, et nous ne produisons presque rien. »

Des enfants dans une zone de production de sel à Sonfonia

Autrefois riche en sel, la zone est aujourd’hui appauvrie par le blocage du canal et par la multiplication des chantiers dans le bas-fond. Cette situation compromet l’avenir de l’activité traditionnelle et aggrave la précarité des ménages, empêchant notamment la scolarisation de nombreux enfants.

Des femmes productrices de sel à Sonfonia, Conakry

Le manque d’eau potable constitue un autre défi quotidien. Mabinty Bangoura témoigne : « La production du sel, c’est la souffrance. Nous n’avons pas d’eau potable ici, ni même d’eau salée pour produire le sel. Nous venons ici par pauvreté pour chercher de quoi nourrir nos enfants. Si ce n’était pas la misère, personne ne resterait dans cette brousse. Nous parcourons plusieurs kilomètres pour trouver de l’eau et portons les seaux sur la tête jusqu’ici. »

Une femme productrice de sel à Sonfonia

À ces difficultés s’ajoutent l’absence de marchés pour écouler leurs produits. M’balou Soumah, mère de famille enceinte de cinq mois, raconte : « Avant, nous vendions au marché d’Entag Garre. Aujourd’hui, il n’existe plus. Tout a été détruit. Dès que nous essayons de vendre, les forces de l’ordre nous chassent. Nos marchandises restent ici, ou nous sommes obligées de fuir. »

Une femme productrice de sel à Sonfonia

Le manque de bois de chauffe et l’insécurité alimentaire accentuent encore la précarité. Certaines femmes travaillent toute la journée sans être sûres de pouvoir nourrir leurs enfants le soir.

Face à cette situation critique, les salicultrices de Sonfonia lancent un appel pressant aux autorités et aux personnes de bonne volonté, notamment au Président de la République, à l’approche du Ramadan. Elles demandent la réouverture du canal d’eau salée, l’aménagement de points d’eau potable, la création d’espaces de vente sécurisés et un appui matériel pour relancer leur activité.

Pour ces femmes courageuses, produire du sel n’est pas seulement un moyen de subsistance, mais un enjeu de dignité et d’avenir pour leurs familles.

IAC, pour Laguinee.info

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