À l’occasion de sa prise de fonction, Ibrahima Sory II Tounkara, nouveau ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, a dressé un état des lieux détaillé du système judiciaire guinéen. Selon lui, le secteur souffre de cinq failles structurelles qui compromettent son efficacité et sa crédibilité, rapporte Laguinee.info à travers un de ses journalistes.
La première faille relevée est le surpeuplement carcéral, conséquence du non-respect des délais légaux de traitement des dossiers, du recours excessif à la détention provisoire et de l’insuffisance des alternatives à l’incarcération.
La lenteur de la justice constitue la deuxième faiblesse. Pour le ministre, une justice lente est perçue comme injuste, fragilisant la confiance des citoyens et nourrissant un sentiment d’arbitraire.
Troisièmement, les insuffisances en formation des acteurs judiciaires sont préoccupantes. L’évolution du droit et la complexité des contentieux modernes exigent un renforcement permanent des compétences des magistrats et du personnel judiciaire.
Le quatrième point concerne les déficits d’infrastructures. Des juridictions inadaptées, des établissements pénitentiaires surchargés et des moyens logistiques insuffisants compromettent la dignité humaine et l’efficacité de la justice.
Enfin, le ministre a souligné le déficit de cohésion institutionnelle. « La justice est une chaîne. Lorsqu’un maillon faillit, c’est l’ensemble qui vacille », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les acteurs judiciaires.
Ce diagnostic, présenté dès sa première allocution officielle, pose les bases des futures réformes que le ministre entend mettre en œuvre pour renforcer la crédibilité et la performance du système judiciaire guinéen.
Laguinee.info







