Le secteur éducatif guinéen se retrouve de nouveau sous tension, avec une crise administrative qui menace désormais le fonctionnement normal des établissements secondaires et techniques. 3 044 enseignants récemment titularisés dénoncent des dysfonctionnements de gestion salariale et préviennent qu’un arrêt de travail massif n’est plus exclu si la situation persiste.
Recrutés par concours en 2024 et titularisés le 31 décembre 2025, ces enseignants estiment que l’État a créé les conditions d’un blocage évitable. La publication des bulletins de salaire de janvier 2026, dépourvus de primes statutaires, a agi comme un facteur déclencheur. Pour ces agents, il ne s’agit plus d’un simple retard administratif, mais d’un signal alarmant de désorganisation au sommet de la chaîne de gestion publique.
Au-delà des primes absentes, les enseignants pointent des erreurs structurelles dans le calcul de leurs rémunérations : valeur indiciaire non conforme, échelonnement contesté et indice salarial minoré. Des anomalies qui, selon le collectif, génèrent un manque à gagner mensuel estimé à plus de 400 millions de francs guinéens pour l’ensemble des agents concernés.
Cette crise intervient dans un contexte déjà fragile pour le système éducatif, marqué par le déficit d’enseignants qualifiés et la surcharge des classes, notamment en région. Le départ de plusieurs enseignants de leurs postes en province pour rallier Conakry accentue le risque de paralysie progressive des établissements.
Appuyé par le Syndicat national de l’Éducation (SNE), le collectif s’apprête à déposer une plateforme revendicative auprès des ministères du Travail, du Budget et de l’Enseignement préuniversitaire. Les revendications portent notamment sur la correction immédiate des bulletins de salaire, le rétablissement de la valeur indiciaire légale, le paiement intégral des primes statutaires et le rappel des arriérés depuis septembre 2025.
Faute de réponse rapide et concrète de l’État, la situation pourrait rapidement évoluer vers une crise scolaire d’ampleur nationale, avec des conséquences directes sur les élèves et le calendrier académique.
Laguinee.info







