L’avertissement est clair, public et sans détour. L’Union européenne se dit prête à frapper là où cela fait le plus mal : la mobilité des citoyens guinéens. Face à ce qu’elle qualifie de coopération insuffisante en matière de réadmission des migrants en situation irrégulière, Bruxelles brandit désormais la menace explicite de restrictions de visas à l’encontre de la Guinée.
Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi à Conakry, l’ambassadeur de l’Union européenne en Guinée, Xavier Sticker, n’a laissé aucune place à l’ambiguïté. L’UE estime que la Guinée ne remplit pas ses engagements, notamment en ce qui concerne la délivrance des laissez-passer consulaires et l’exécution des retours forcés. Une situation jugée inacceptable par les institutions européennes.
En ligne de mire : l’article 25A du Code des visas de l’Union européenne. Un dispositif juridique qui permet, en cas de coopération jugée défaillante, d’imposer des sanctions administratives ciblées. Augmentation des frais de visa, délais de traitement rallongés, conditions d’obtention durcies : l’arsenal est prêt. « La coopération de la Guinée reste encore insuffisante. Si aucune amélioration n’est constatée, des restrictions sur les visas pourraient être décidées », a martelé le diplomate européen.
Bruxelles reconnaît l’existence d’une importante diaspora guinéenne légalement installée en Europe et économiquement active. Mais cette réalité ne suffit plus à masquer, aux yeux de l’UE, les blocages persistants sur la question des migrants en situation irrégulière. Pour Xavier Sticker, le problème est simple : les retours ne se font pas, ou trop rarement. « Le retour, volontaire ou forcé, doit pouvoir se faire. Or, aujourd’hui, ce n’est pas suffisamment le cas », a-t-il tranché, pointant les lenteurs administratives et les difficultés d’identification comme des manquements répétés.
Le message est d’autant plus pressant qu’une proposition est actuellement examinée au sein du Conseil de l’Union européenne. En cas d’adoption, ses effets seraient immédiats et concrets pour les Guinéens souhaitant voyager en Europe, qu’il s’agisse d’études, d’affaires ou de démarches personnelles. Autrement dit, l’échec diplomatique se traduirait directement par une punition collective en matière de visas.
Si Bruxelles affirme vouloir éviter une escalade, le ton employé laisse peu de doute sur l’impatience européenne. Le dialogue se poursuit, certes, mais sous forte pression. L’objectif affiché n’est plus seulement la discussion, mais des résultats mesurables et rapides. Faute de quoi, l’UE se dit prête à activer des décisions aux conséquences lourdes pour la population.
Dans le même temps, l’ambassadeur a rappelé les risques liés à la migration irrégulière, dénonçant les routes clandestines et les réseaux de passeurs qui prospèrent sur la détresse humaine. Un discours qui, là encore, renvoie la responsabilité aux États de départ, sommés de mieux contrôler et coopérer.
Ainsi, Bruxelles assume pleinement la fermeté de sa position. « L’article 25A du Code des visas est clair. En cas de coopération insuffisante, des mesures restrictives peuvent être appliquées. Le risque est réel », a averti Xavier Sticker.
À Conakry, le message est désormais limpide : sur le dossier migratoire, la patience européenne touche à ses limites. Et la question des visas s’impose comme un levier de pression assumé dans les relations entre la Guinée et l’Union européenne.
Laguinee.info







