À Daboro, dans la commune de Manéah, les femmes vendeuses respirent enfin. Après des années passées à braver la pluie, la poussière et l’insécurité sanitaire, le chantier du marché moderne de Kassognah a démarré. Une annonce accueillie comme une délivrance par celles qui, chaque jour, font vivre l’économie locale à bout de bras.
Le nouveau marché, promis depuis longtemps, doit intégrer des hangars, des boutiques et des magasins. En clair : des infrastructures dignes de ce nom, loin des installations précaires où les vendeuses s’entassaient jusque-là. L’objectif affiché par les responsables du projet est simple : réorganiser l’activité commerciale et offrir un espace plus sécurisé aux usagers. Un minimum attendu depuis des années dans une localité où les infrastructures essentielles sont régulièrement reléguées au second plan.

Mariama Konaté, vendeuse au marché Konkonnet, résume le soulagement collectif :
« Pour la reconstruction de ce marché, nous sommes très contentes. Quand il sera fini, c’est nous les femmes qui serons les plus bénéficiaires. Avec les hangars, nous serons épargnées de la pluie en saison pluvieuse. »
Une déclaration qui souligne l’évidence : il ne s’agit pas d’un luxe, mais d’une réponse à des besoins basiques.
Même son de cloche chez Mariama Camara, qui salue l’initiative tout en rappelant que les promesses seules ne nourrissent pas les familles :
« Nous voulons que le marché soit construit. Cela nous rendra heureuses. Nous voulons que les hangars et les boutiques soient bien construits. »
Autrement dit, les femmes de Kassognah ne demandent pas un simple lifting, mais des infrastructures solides, durables et fonctionnelles. Trop de projets, ailleurs, ont été posés sur des fondations fragiles avant de retomber comme des châteaux de cartes.
La construction de ce marché moderne par la commune de Manéah s’inscrit, enfin, dans une dynamique d’amélioration des conditions de vie des commerçantes, souvent premières contributrices et dernières servies. Elles espèrent que cette fois, le chantier ira jusqu’au bout, sans ralentissements mystérieux ni abandons silencieux.
En attendant l’inauguration, une certitude demeure : si l’économie locale tient debout, c’est grâce à ces femmes qui travaillent sans relâche. Leur offrir un cadre digne est non seulement un progrès, mais une reconnaissance longtemps attendue.
IAC, pour Laguinee.info







