La retransmission télévisée de la cérémonie d’investiture du président Mamadi Doumbouya, élu avec 86,72 % des voix, a déclenché une vague de critiques sur les réseaux sociaux. Les images diffusées samedi 17 janvier 2026 sur la Radiodiffusion Télévision Guinéenne (RTG) ont été jugées floues, instables et globalement de mauvaise qualité par de nombreux téléspectateurs.
Face à l’ampleur des réactions, le directeur de la RTG, Tabouna Sylla, est sorti de son silence pour expliquer le rôle exact de la chaîne nationale dans le dispositif technique mis en place. Il commence par rappeler que la RTG n’a pas assuré la production des images de la cérémonie :
« Depuis la retransmission catastrophique de la cérémonie de prestation de serment du Président de la République, hier samedi 17 janvier 2026, au stade Général Lansana Conté de Nongo, les Guinéens s’acharnent sur la RTG qu’on accuse d’avoir fait une mauvaise production. Eh bien, moi je viens vous dire ici que c’est juste par manque d’informations que vous condamnez la Grande Maison. La RTG n’est responsable de rien dans ce cas précis. La RTG n’a rien filmé, rien réalisé, rien monté. Dès qu’il s’agit de la Présidence aujourd’hui, la RTG n’est rien d’autre qu’un simple diffuseur de vidéos produites ailleurs. Et c’est comme ça ! »
Selon lui, la télévision publique n’a été qu’un relais technique et n’a eu aucune maîtrise sur la captation ni sur la réalisation. Cette mise au point intervient alors que les images diffusées ont été largement relayées sur les plateformes numériques, alimentant les critiques sur les performances de l’audiovisuel public.
Tabouna Sylla met en cause l’organisation actuelle de la production audiovisuelle étatique, qu’il juge fragmentée et inefficace. Il interpelle directement les structures rattachées à la Présidence, appelant à une réforme en profondeur :
« Que ça soit DCI de la Présidence ou GMD TV, il est grand temps de cesser d’éparpiller les forces de l’État. Il est plus raisonnable et plus logique de regrouper tous ces équipements et de les mettre à la disposition de la RTG qui est et reste le seul et unique outil de communication audiovisuelle du gouvernement. »
Le directeur dénonce également l’existence de dispositifs techniques parallèles qu’il estime non professionnels :
« Comment des amateurs peuvent-ils se positionner dans des structures parallèles parasites pour capter les ressources de l’État et nous produire des catastrophes médiatiques et des hontes mondiales comme cette cérémonie de prestation de serment du Président de la République ? Et après, c’est pour voir des téléspectateurs venir s’attaquer à la pauvre RTG, sans rien comprendre de la situation. »
Pour lui, les critiques adressées à la RTG sont injustes et ne reflètent pas le travail des équipes internes. Il décrit une situation démotivante pour les professionnels de la maison : « C’est scandaleusement triste pour les travailleurs professionnels de la RTG, c’est scandaleusement déshonorant pour la Nation et… ça doit s’arrêter immédiatement ! »
Cette sortie publique met en lumière des tensions entre différents services de production audiovisuelle de l’État. Elle relance également le débat sur la centralisation des moyens techniques, la coordination des équipes et la qualité des contenus diffusés lors des cérémonies officielles.
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