Les conditions de détention dans les maisons d’arrêt en Guinée continuent de susciter de vives inquiétudes. Les cas de décès enregistrés parmi les personnes détenues, notamment celles en conflit avec la loi, alimentent un débat récurrent sur le respect des droits fondamentaux en milieu carcéral. La situation, jugée préoccupante par plusieurs acteurs de la société civile, nourrit un sentiment de désespoir au sein de la population.
Ce mercredi 14 janvier, Fassou Emanuel Sagno coordinateur régional du collectif des ONG de défense des droits humains de N’Zérékoré a pris la parole pour dénoncer une réalité qu’il qualifie de « préoccupante » et appeler à une prise de responsabilité de l’État.
Selon lui, les droits des détenus demeurent intangibles, même en privation de liberté.
« Je vais vous dire qu’ici et ailleurs et plus haut, qu’un détenu n’est pas un esclave, un détenu n’est pas un chosifié, un détenu n’est pas quelqu’un qu’on peut traiter comme un bon à rien », précise Fassou Emanuel Sagno. Il rappelle que la responsabilité première de l’État est d’assurer les besoins essentiels des personnes incarcérées : « Dès lors qu’un citoyen est en prison, il revient à l’État, à travers ses partenaires, d’offrir aux détenus la santé. C’est l’État qui doit l’assurer. C’est une de ses missions régaliennes. Dès lors qu’on détient quelqu’un, on doit lui offrir tous les soins de santé. Il doit manger. Il doit avoir accès à la nourriture. Il doit avoir accès à un logement. »
Le défenseur des droits humains souligne également la nécessité d’un minimum de dignité au quotidien. « La maison, les quatre murs où il est détenu, doit être propre, hygiénique. Il doit avoir accès à l’information. Il doit avoir accès à ses parents, à des visites dans sa cellule », ajoute-t-il.
Dans son intervention, Fassou Emanuel Sagno insiste sur la gravité de la situation en Guinée. « Malheureusement, dans notre pays, ce que nous vivons est déplorable. Que ce soit dans les maisons d’arrêt, que ce soit dans nos maisons centrales, un peu plus partout ici en Guinée, nos maisons d’arrêt ne sont pas souvent vivables. » Il déplore l’état de délabrement de nombreuses infrastructures pénitentiaires et l’absence d’améliorations tangibles.
Face à ce constat sévère, il lance un appel pressant aux autorités.
« C’est un cri d’alerte. C’est pour moi une occasion d’interpeller les pouvoirs publics qui ont en charge de gérer nos maisons de détention », martèle-t-il.
Cette sortie publique intervient dans un contexte où la question des droits des détenus figure régulièrement au centre des préoccupations des organisations nationales et internationales. Les appels à des réformes structurelles et à une meilleure prise en charge sanitaire, alimentaire et sociale des prisonniers se multiplient, sans réponses concrètes pour l’instant de la part des autorités compétentes.
De N’Zérékoré, Cécé Kpamou pour Laguinee.info







