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Guinée : les députés alertent sur le faible taux d’exécution des investissements publics

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Les députés guinéens dressent un constat préoccupant sur l’exécution des dépenses d’investissement public. Selon les données présentées à l’Assemblée nationale, 75 % des ministères et institutions affichent un taux de paiement des dépenses d’investissement inférieur à 30 %. Une situation jugée alarmante par les élus du peuple, rapporte un journaliste de Laguinee.info dépêché sur place.

Ce constat a été révélé ce samedi 7 novembre 2026, lors d’une séance plénière consacrée notamment à l’examen et à l’adoption du volet dépenses du projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026, à l’adoption de ladite loi ainsi qu’à l’examen et à l’adoption du projet de chronogramme d’examen des textes.

Dans leur rapport, les députés de la 10ᵉ législature pointent particulièrement du doigt plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’Agriculture et l’Enseignement technique, qui enregistreraient, selon eux, un taux de paiement nul. L’Administration du territoire, la Sécurité, la Pêche et l’Élevage figurent également parmi les secteurs concernés par ces faibles performances.

Face à ces « insuffisances criantes », l’Assemblée nationale demande des explications au gouvernement et annonce la mise en place d’une mission d’information parlementaire afin de faire la lumière sur les causes de cette situation.

Pour les élus, ce blocage technique et financier soulève des interrogations sur la capacité réelle des départements ministériels à traduire les grandes orientations stratégiques de l’État en réalisations concrètes.

« L’inscription de crédits dans une loi de finances ne constitue pas, à elle seule, une réalisation. Un investissement public ne produit ses effets économiques et sociaux que lorsqu’il se traduit effectivement par des infrastructures, des équipements et des services accessibles aux citoyens », souligne le rapport de l’Assemblée nationale.

L’institution parlementaire a ainsi interpellé directement le Premier ministre, chef du gouvernement, et invité l’exécutif à prendre plusieurs mesures, notamment :

  • Diligenter une évaluation approfondie des causes de ce blocage ;
  • Établir clairement les responsabilités à tous les niveaux de la chaîne de la dépense publique, notamment l’engagement, la liquidation, l’ordonnancement et le paiement ;
  • Prendre les sanctions et les mesures correctives qui s’imposent.

Par ailleurs, afin de prévenir la répétition d’une telle situation, les députés recommandent la mise en place immédiate d’un mécanisme d’évaluation trimestrielle du taux d’exécution des investissements publics.

Désormais, le Parlement entend également obtenir du gouvernement un rapport semestriel portant non seulement sur le niveau de consommation des crédits budgétaires, mais surtout sur le taux de réalisation physique des projets sur le terrain.

Ismaël Sam est sur place pour Laguinee.info

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