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Siguiri : l’opération contre l’orpaillage illégal prend une tournure diplomatique

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 L’opération visant à mettre fin à l’orpaillage illégal à Siguiri dépasse désormais le cadre national. Décidée le 29 octobre 2026 par le gouverneur par intérim, le colonel Fadjimba Mara, pour lutter contre la dégradation de l’environnement, elle suscite des réactions au Burkina Faso, d’où sont originaires une grande partie des orpailleurs concernés.

Depuis l’entrée en vigueur de la suspension, plusieurs orpailleurs clandestins, majoritairement burkinabè, ont quitté la région de Siguiri pour rejoindre le Mali, après avoir été contraints d’abandonner leurs activités.

Si les autorités guinéennes défendent une opération destinée à préserver les ressources aurifères et à imposer le respect des lois et des normes environnementales, leurs homologues burkinabè regrettent les conditions dans lesquelles elle a été menée. Elles dénoncent notamment l’absence de concertation et d’avertissement préalable.

« Il faut souligner que cette opération, malheureusement, est fort déplorable et regrettable. Parce qu’on se dit qu’une telle opération ne peut quand même pas être déclenchée sans une planification. Et qui parle de planification, parle aussi d’évaluation des conséquences et des implications. En aucun cas, ni les autorités maliennes, ni les autorités burkinabè ont été informées à l’avance de cette opération. Tout ce qui n’a pas permis d’anticiper également sur ce qui se passe actuellement », a déploré Mahamadou Sana, ministre burkinabè de la Sécurité, lors d’une visite à Bamako, ce mercredi 4 novembre 2026, selon la RTB.

Le ministre a également évoqué l’ampleur des déplacements vers le Mali. Selon ses déclarations, ils seraient plusieurs milliers de ressortissants burkinabè à avoir quitté Siguiri. Il fait surtout état de blessés parmi eux.

« Deuxièmement, de ce qui nous remonte, en tout cas, nous avons enregistré fort déplorables des blessés, même parfois des blessés par balles, ce qui laisse croire que nos compatriotes ont subi des traitements cruels, inhumains et dégradants. En tant que pays frère, cela est réellement regrettable et il était nécessaire de souligner cela », a-t-il ajouté.

Selon les estimations, 45 000 Burkinabè vivraient en Guinée, dont la majorité travaillent dans l’orpaillage artisanal.

Il convient toutefois de rappeler que l’opération engagée par les autorités guinéennes ne vise pas spécifiquement les ressortissants étrangers. Elle s’inscrit dans une démarche de lutte contre l’orpaillage illégal face à une situation environnementale jugée préoccupante dans la région de Siguiri.

Laguinee.info

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