spot_imgspot_imgspot_imgspot_img

Guinée Old School : « Une nation qui ne célèbre pas ses pionniers est une nation qui se perd », estime Mariama Ciré Barry

spot_imgspot_imgspot_img

À LIRE AUSSI

À travers Guinée Old School, prévu les 30 et 31 octobre 2026 à Conakry, la Directrice générale de MARCI PRESTATION, Diallo Mariama Ciré Barry, entend rendre hommage aux artistes qui ont marqué les premières heures du rap et d’autres courants musicaux guinéens. Dans cet entretien accordé à Laguinee.info, elle revient sur les motivations de cette initiative, sa portée culturelle et les activités prévues lors du gala VIP au Mariador Palace et du concert au Palais du Peuple.

Laguinee.info : Qu’est-ce qui vous a motivée à lancer Guinée Old School, dans un contexte où l’attention semble davantage tournée vers les artistes de la nouvelle génération ?

Diallo Mariama Ciré Barry : Ce qui nous a motivés, c’est un constat douloureux et une dette de reconnaissance. Aujourd’hui, on danse sur l’Afro, le Rap, l’Urbain, mais on a oublié que quelqu’un a défriché la route à la machette pour que cette route existe.

Ces artistes Old School ont donné le goût de la musique à toute une nation, à une époque où il n’y avait ni studio moderne, ni Internet, ni sponsor. Ils l’ont fait par passion. Les maisons de production courent derrière la tendance ; nous, nous avons décidé de courir derrière la mémoire.

Guinée Old School est né pour dire : « On ne vous a pas oubliés. » Sans vous, il n’y aurait pas de nous.

L’événement est placé sous les thèmes « Quand les légendes inspirent la nation » et « Quand la nation célèbre ses légendes ». Quelle signification leur donnez-vous ?

Pour nous, ces phrases résument tout le projet. « Quand les légendes inspirent la nation », cela signifie que l’histoire de ces artistes n’est pas terminée. Leur parcours, leur résilience et leur talent doivent servir de boussole à notre jeunesse.

Quant à « Quand la nation célèbre ses légendes », c’est un acte de réparation. Une nation qui ne célèbre pas ses pionniers est une nation qui se perd. Ce thème est notre façon de dire que la Guinée est reconnaissante. Nous ne pleurons pas seulement les disparus ; nous honorons également les vivants qui sont devenus des légendes.

Quel type d’hommage souhaitez-vous rendre à ces figures emblématiques de la musique guinéenne ?

Nous voulons rendre un hommage vivant, pas un hommage triste. Nous ne voulons pas simplement observer une minute de silence. Nous voulons deux jours de bruit, de musique et d’honneur.

Le 30 octobre, au gala VIP du Mariador Palace, nous allons les célébrer dans la dignité, avec des distinctions et des témoignages. Le 31 octobre, au Palais du Peuple, nous allons faire ce qu’ils savent faire de mieux : chanter avec le peuple.

Nous allons rejouer leurs classiques avec les nouvelles générations sur scène. C’est cela, le plus bel hommage : montrer que leur musique est toujours vivante.

Quels artistes ou figures emblématiques de l’ancienne génération seront mis à l’honneur pendant ces deux journées ?

Je ne vais pas tout dévoiler aujourd’hui, afin de garder la surprise, mais je peux vous dire que nous avons commencé à accueillir nos légendes. Comme vous l’avez vu, Bougui Basta, du groupe légendaire Methodik, vient d’atterrir à Conakry.

Nous accueillerons des figures du rap old school, du R&B guinéen, du reggae et de l’afro-mandingue des années 1990-2000. Ce sont des noms qui ont marqué les kermesses, les premières émissions de la RTG et les premiers podiums.

Certains nous ont quittés. Nous honorerons leur mémoire en présence de leurs familles. D’autres sont toujours parmi nous et remonteront sur scène.

La Guinée possède une riche histoire musicale. Quel rôle la musique old school peut-elle jouer dans la transmission de la mémoire culturelle aux jeunes générations?

La musique old school, c’est notre bibliothèque nationale. Autrefois, les textes parlaient de la société, de l’amour avec pudeur, du respect des parents et de l’histoire du pays.

Aujourd’hui, avec le numérique, tout va vite. La old school vient ralentir le temps et dire aux jeunes : « Voilà d’où tu viens. » C’est un pont. Sans ce pont, la jeunesse est coupée de ses racines. Notre rôle est de reconnecter ce câble.

Guinée Old School s’adresse-t-il essentiellement aux nostalgiques ou souhaitez-vous également mobiliser les jeunes ?

C’est justement l’erreur à ne pas faire : croire que c’est un événement de vieux. Non ! C’est un événement intergénérationnel.

J’invite tous les jeunes de Conakry à venir. Ils vont découvrir d’où vient le son qu’ils écoutent aujourd’hui. Ils vont voir que leurs grands frères rappaient déjà avec un flow incroyable dans les années 1995.

Le gala du 30 octobre s’adresse aux décideurs, aux mécènes et aux amoureux de la culture. Le concert du 31 octobre, au Palais du Peuple, avec des billets à partir de 50 000 GNF, est ouvert à tous, particulièrement à la jeunesse.

À quoi le public doit-il s’attendre lors du gala VIP et du grand concert prévus les 30 et 31 octobre ?

Nous proposons deux ambiances et deux émotions.

Le 30 octobre, au Mariador Palace, le gala VIP disposera de 1 500 places, dont 500 places VIP. Au programme : tenue chic, tapis rouge, soirée de prestige, remise de trophées aux légendes ou à leurs familles, projections d’archives inédites de la RTG et showcases acoustiques intimistes. C’est l’histoire qui se raconte.

Le 31 octobre, au Palais du Peuple, le grand concert accueillera 2 000 personnes. Là, c’est le peuple qui reprend son pouvoir. Nous prévoyons un concert géant, un live band, des medleys old school et des collaborations entre les anciennes et les nouvelles générations.

Nous allons chanter jusqu’à perdre la voix. Il y aura de la nostalgie, mais surtout de la fête.

Comment le public peut-il obtenir des informations sur les deux événements et acheter ses billets ?

C’est très simple et sécurisé. Nous avons confié la billetterie à un partenaire professionnel 100 % guinéen, BILLETFACILE.

Il suffit de se rendre sur le site https://billetfacile.com/evenements/guinee-old-school, de choisir la date et la catégorie souhaitées, puis de procéder au paiement par Orange Money ou Mobile Money. Le billet, muni d’un QR code, est ensuite envoyé directement sur le téléphone.

Pour le gala, les billets sont proposés à 300 000 et 500 000 GNF. Pour le concert, les tarifs sont de 50 000, 100 000 et 200 000 GNF.

C’est simple, c’est officiel.

Quel message souhaitez-vous adresser aux Guinéens et aux amoureux de la musique guinéenne à quelques semaines de l’événement ?

Mon message est simple : venez. Venez avec vos enfants. Venez dire merci à ceux qui ont bercé votre enfance.

Si vous avez dansé sur Methodik et sur les groupes de cette époque, vous leur devez au moins une présence. Ne laissons pas nos légendes partir dans l’anonymat.

Les 30 et 31 octobre, montrons au monde que la Guinée n’oublie pas ses enfants. Achetez vos billets dès maintenant, car le nombre de places pour le gala est limité.

En une seule phrase, comment résumeriez-vous Guinée Old School ?

Je dirais : « Guinée Old School, ce n’est pas un concert, c’est la réconciliation d’une nation avec sa propre mémoire musicale. »

Interview réalisée par IAC pour Laguinee.info.

- Advertisement -
spot_img
spot_img
spot_img

ECHO DE NOS RÉGIONS