À l’occasion d’une conférence organisée par le Rotary Club de Conakry Ousmane Aribot, la médecin épidémiologiste Dr Djenaba Baldé a sensibilisé les femmes à la prévention, au dépistage précoce et à la prise en charge du cancer du sein. Elle a notamment appelé à lever le tabou autour de cette maladie, rapporte un journaliste de Laguinee.info qui était sur place.
Le cancer du sein demeure un enjeu majeur de santé publique en Guinée. Selon les chiffres présentés lors de cette rencontre, le pays a enregistré 739 nouveaux cas en 2022, dont 409 décès. Chez les femmes, cette maladie représenterait environ 18 % des cas de cancer.

Face à cette situation, Dr Djenaba Baldé a insisté sur l’importance de la sensibilisation et du dépistage précoce. Pour elle, derrière ces statistiques se cachent des femmes, des familles et des communautés confrontées aux conséquences de la maladie.
Au cours de sa présentation, la spécialiste a expliqué que le cancer se développe lorsque des modifications génétiques perturbent les mécanismes de contrôle de la multiplication cellulaire, entraînant une prolifération anarchique susceptible de former des tumeurs malignes.
Plusieurs facteurs de risque à connaître
La médecin a rappelé que le cancer du sein ne résulte pas d’une cause unique. Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de développer la maladie, notamment l’âge, les antécédents familiaux, certaines prédispositions génétiques et les facteurs hormonaux.

Elle a également évoqué certains facteurs liés au mode de vie, comme la sédentarité, le surpoids après la ménopause, la consommation d’alcool et le tabagisme. Si certains risques ne peuvent être modifiés, l’adoption de comportements favorables à la santé peut contribuer à en réduire d’autres.
Les signes d’alerte à ne pas ignorer
Une boule au niveau du sein, une modification de sa forme, une rétraction du mamelon, un écoulement inhabituel, notamment sanguinolent, ou encore un aspect de peau d’orange doivent attirer l’attention et conduire à une consultation médicale.
Dr Djenaba Baldé a expliqué les gestes d’observation des seins et l’importance de repérer tout changement inhabituel. Elle a toutefois souligné que l’autopalpation ne remplace ni un examen médical ni les examens complémentaires recommandés par un professionnel de santé.
En cas de signe suspect, une consultation permet d’évaluer la situation et, si nécessaire, de réaliser une mammographie, une échographie ou une biopsie afin de confirmer ou d’écarter le diagnostic.
Un traitement adapté à chaque patiente
Abordant la prise en charge, la spécialiste a indiqué que le traitement dépend notamment du type de cancer et de son stade d’évolution. Il peut comprendre une intervention chirurgicale, une chimiothérapie, une radiothérapie ou une hormonothérapie, selon les caractéristiques de la maladie.
Elle a également encouragé les femmes à adopter un mode de vie sain, fondé notamment sur une activité physique régulière et une alimentation équilibrée. L’allaitement peut aussi présenter des bénéfices en matière de réduction du risque, sans toutefois garantir une protection absolue contre le cancer du sein.
Le Rotary appelé à s’engager davantage
Au-delà des explications médicales, Dr Djenaba Baldé a invité le Rotary Club de Conakry Ousmane Aribot et les autres organisations humanitaires à renforcer leur engagement dans la lutte contre cette maladie.
Elle a proposé trois axes prioritaires : intensifier la sensibilisation des populations, organiser des campagnes de dépistage en collaboration avec les structures sanitaires et apporter un soutien financier aux patientes confrontées à des difficultés d’accès aux soins.
En conclusion, la médecin a lancé un appel à briser le silence autour du cancer du sein et à encourager les femmes à consulter rapidement devant tout signe inhabituel.
« Le cancer du sein ne doit plus être un sujet tabou », a-t-elle insisté, invitant chacun à contribuer à la sensibilisation pour mieux prévenir la maladie et favoriser une prise en charge précoce.
Elhadj Mamadou Pathé Diallo, pour Laguinee.info





