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Sachets interdits, bouteilles omniprésentes : le nouveau défi plastique de Conakry

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Dans plusieurs rues de Conakry, les bouteilles d’eau en plastique s’accumulent encore après leur utilisation. Aux abords des boutiques, dans les caniveaux et sur certains dépotoirs, ces emballages font partie des déchets visibles dans l’espace public, alors que la Guinée renforce progressivement les mesures contre certains sachets plastiques.

La vente d’eau conditionnée en bouteille reste une pratique courante. Une fois leur contenu consommé, certaines bouteilles sont jetées sur place, tandis que d’autres sont conservées par les consommateurs pour une nouvelle utilisation.

Amadou Diallo, boutiquier et vendeur de bouteilles d’eau, constate cette situation autour de son commerce.

« Pour la quantité vendue par journée, ça dépend de la clientèle parce que tout le monde n’est pas habitué d’abord à ça. Il y a certains clients qui jettent devant ma boutique après avoir bu. Je ramasse beaucoup de bouteilles vides aux alentours. D’autres, par contre, emportent les bouteilles avec eux après avoir bu l’eau, sûrement pour d’autres utilisations », affirme-t-il.

Au-delà de leur présence dans les espaces publics, la gestion de ces déchets constitue une préoccupation environnementale. Pour Aliou Diallo, activiste et journaliste environnementaliste, leur abandon dans les rues et les milieux naturels peut avoir des conséquences sur l’environnement.

« L’abandon des bouteilles dans les rues, dans les eaux, dans les océans, ça a un impact négatif sur l’environnement, à savoir la dégradation de la surface du sol et tout ce qui s’ensuit. Ce sont des déchets plastiques qui peuvent polluer l’environnement », explique-t-il.

L’environnementaliste évoque également les conséquences possibles de ces déchets sur les animaux, les végétaux et les ressources naturelles.

« Quand vous regardez dans la mer, ces plastiques sont abandonnés et ces bidons peuvent se décomposer. Même si cette décomposition est lente, vous devez comprendre qu’après ce processus, si les poissons consomment cela, ça peut nous amener à avoir différentes maladies parce que c’est ce que nous consommons également. Ça peut aussi empêcher la croissance des plantes quand il s’agit des plantations ou des forêts dans lesquelles ces plastiques se retrouvent », poursuit-il.

Le recyclage comme piste de réduction des déchets

Face à cette situation, le recyclage est présenté comme l’une des pistes permettant de limiter la quantité de déchets plastiques abandonnés dans l’environnement.

Pour Aliou Diallo, cette pratique permettrait notamment de donner une nouvelle utilisation aux matières déjà produites.

« Le recyclage est une solution durable parce qu’à chaque fois qu’on produit les plastiques ou qu’on les utilise, si nous les recyclons, ça peut donner une nouvelle vie à ces plastiques », estime-t-il.

Il appelle également à développer des solutions reposant sur les matériaux biodégradables et l’économie circulaire.

« Donc la solution, c’est d’encourager la fabrication des plastiques ou des objets biodégradables, c’est-à-dire des emballages. C’est cette solution qu’il faut », affirme-t-il.

L’environnementaliste préconise par ailleurs une meilleure organisation autour de la réduction, de la réutilisation et du recyclage des déchets plastiques.

« Surtout lorsqu’il est obligatoire qu’on utilise ces plastiques, nous devons en prendre soin et fabriquer des plastiques qu’on peut recycler. Et de l’autre côté, développer l’industrie de l’économie verte, c’est-à-dire ce qu’on appelle l’économie circulaire. On parle de la réduction, la réutilisation et le recyclage », ajoute-t-il.

La réaction de l’ANASP attendue

Pour connaître la position des autorités chargées de l’assainissement sur la présence des bouteilles en plastique dans les rues de Conakry et sur les mesures envisagées pour leur gestion, nous avons sollicité le directeur de l’ANASP.

Notre démarche n’a pas permis d’obtenir une réaction au moment de la rédaction de cet article.

Alors que des mesures sont prises contre certains sachets plastiques, la présence persistante des bouteilles en plastique dans l’espace public pose ainsi la question de leur collecte, de leur réutilisation et de leur recyclage.

Mohamed Nana Soumah, stagiaire pour Laguinee.info

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