Dix-sept personnes, dont les deux plus hauts responsables de la justice militaire congolaise, ont péri dans le crash d’un petit avion vendredi près de Kenge, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo. Face à ce drame, le gouvernement décrète trois jours de deuil national et la mise en berne des drapeaux jusqu’à l’inhumation des victimes.
Le crash s’est produit vendredi vers 13 heures GMT près de Kenge, chef-lieu de la province du Kwango, à plus de 200 kilomètres à l’est de Kinshasa. Selon le dernier bilan communiqué samedi par le ministère des Transports, 17 personnes ont perdu la vie, dont 13 passagers et quatre membres d’équipage, rapporte l’AFP.
L’appareil, un Let 410 UVP immatriculé 9S-GUC et exploité par Tracep Congo Aviation, transportait une délégation de la justice militaire. Il revenait d’une mission de service effectuée à Kikwit, dans la province voisine du Kwilu.
Les circonstances et les causes de l’accident restent à déterminer. Un précédent bilan communiqué dans la nuit de vendredi à samedi par l’armée congolaise faisait état d’au moins 14 morts, dont deux officiers généraux et douze membres de la délégation militaire.
Deux hauts responsables de la justice militaire parmi les victimes
Le crash a notamment coûté la vie au lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi Tiende, Premier Président de la Haute Cour militaire, et au lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, Auditeur général des Forces armées de la République démocratique du Congo.
Le lieutenant-général Likulia avait notamment porté le réquisitoire lors du procès de l’ancien président Joseph Kabila, condamné par contumace en septembre 2025 à la peine de mort pour « trahison » et « crimes de guerre ».
Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a salué la mémoire de ces deux hauts magistrats militaires, qualifiés de « deux hauts magistrats militaires d’une valeur exceptionnelle ».
Une enquête annoncée
Après l’accident, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a exprimé sa « profonde douleur » et instruit les services compétents d’ouvrir une enquête approfondie.
Le gouvernement congolais annonce également que le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, a instruit l’ouverture d’une enquête afin d’établir les faits, les circonstances et les causes de l’accident.
Dans l’attente des conclusions de cette enquête, le ministère des Transports a annoncé la suspension de Tracep Congo Aviation.
Les infrastructures aériennes au centre des interrogations
Le crash relance également les interrogations sur les infrastructures de transport en RDC. Dans ce vaste pays où le réseau routier reste limité et certaines liaisons difficiles, l’avion constitue un moyen essentiel pour rejoindre plusieurs provinces.
Des voix, notamment dans l’opposition, ont dénoncé l’état des infrastructures à Kenge et l’absence, selon elles, d’une piste d’atterrissage fonctionnelle. Elles ont également évoqué un « abandon » des infrastructures du pays et qualifié le transport aérien de « vraie loterie ».
Dans un rapport publié en 2023, la Banque mondiale estimait que les réseaux de transport routier, ferroviaire, aérien, fluvial et maritime de la RDC comptaient parmi les moins denses et les plus dégradés au monde.
La flotte aérienne congolaise figure par ailleurs sur la liste noire de l’Union européenne.
Trois jours de deuil national
À la suite du drame, le gouvernement a décidé de mettre les drapeaux en berne sur l’ensemble du territoire national à compter du lundi 28 septembre 2026 et jusqu’à l’inhumation des victimes.
Trois jours de deuil national seront également observés avant les funérailles.
Les autorités appellent la population au recueillement, à la retenue et à la dignité. Elles demandent notamment de s’abstenir de diffuser des images ou de tenir des propos susceptibles de porter atteinte à la dignité des victimes ou d’accroître la douleur de leurs proches.
Le gouvernement présente ses condoléances aux familles endeuillées, à la famille judiciaire et aux Forces armées de la République démocratique du Congo.
Laguinee.info





