À New York, la contestation de la présence de Mamadi Doumbouya a franchi les frontières du débat politique guinéen. Alors que des Guinéens manifestaient contre la délégation conduite par le chef de l’État devant les Nations unies, Oumar Sanoh, président du Bloc Libéral, prend ses distances avec cette mobilisation. Il reconnaît le droit de manifester, mais critique la manière dont la contestation a été menée à l’étranger.
Pour Oumar Sanoh, le pluralisme politique implique que les différentes sensibilités puissent exprimer leurs positions. Il estime toutefois nécessaire de distinguer la personne du président de la République de l’institution qu’il représente lorsqu’il participe à une rencontre internationale.
« Il faut savoir faire la différence entre la personne du président de la République et l’institution qu’il incarne, la présidence de la République. Lorsqu’un chef d’État représente un pays auprès d’une organisation internationale, c’est la Guinée qui est représentée, c’est l’image de la Guinée qui est en jeu », explique-t-il.
Le président du Bloc Libéral affirme ainsi ne pas partager la démarche suivie par les manifestants.
« Même si nous ne partageons pas la stratégie et la démarche de nos amis de l’opposition, il est vrai que nous n’apprécions pas cette façon de manifester », déclare-t-il.
Le droit de manifester reconnu
Oumar Sanoh tient cependant à rappeler que la manifestation constitue, selon lui, une expression légitime du pluralisme politique.
« La manifestation, c’est un droit constitutionnel qui est reconnu dans la Constitution de la Guinée, mais doit se faire dans les règles de l’art, tout en respectant les lois de la République », souligne-t-il.
Il distingue donc le droit de manifester de la manière dont celui-ci est exercé.
À New York, certains Guinéens ont manifesté pour contester la présence et la légitimité du président de la République, tandis que d’autres se sont mobilisés pour lui souhaiter la bienvenue.
Pour Oumar Sanoh, ces différentes expressions relèvent du droit des citoyens à défendre leurs positions. Il insiste toutefois sur la nécessité de respecter les règles dans l’expression de ces revendications.
« Ce qui s’est passé à New York doit interpeller »
Au-delà de sa désapprobation du mode de manifestation, le président du Bloc Libéral considère que les événements de New York doivent également servir de signal aux autorités guinéennes: « Aujourd’hui, ce qui s’est passé à New York doit interpeller la conscience de nos autorités », estime-t-il.
Pour lui, cette situation doit notamment pousser les autorités à privilégier le dialogue avec les acteurs sociopolitiques guinéens: « Il faut prioriser, un, le dialogue entre nous, les Guinéens, entre les acteurs sociopolitiques », plaide-t-il.
Oumar Sanoh appelle ainsi à ne pas réduire l’opposition guinéenne à un seul courant ou à une seule démarche:
« Il ne faudrait pas que les gens jugent l’opposition comme un ensemble homogène. Nous ne sommes pas un ensemble homogène. Nous sommes un ensemble de partis politiques aujourd’hui qui évoluent dans l’opposition républicaine », précise-t-il.
Laguinee.info





