Peuple Peulh, Du Fouta-Djalon au Fouta-Toro, de Macina à l’Adamawa, du Sokoto au Darfour, nous sommes plus de 50 millions. Un seul peuple, une seule langue, le Pulaar ou Fulfulde, mais dispersés par l’histoire, par les frontières imposés par la colonisation.
Pendant des siècles, on nous a divisés. On nous a imposé d’écrire notre langue avec les alphabets des autres : l’arabe, le latin. Des alphabets respectables mais qui ne sont pas les nôtres. Qui ne portent pas notre âme.
(À souligner que qui veut comprendre notre religion, l’islam doit impérativement comprendre aussi l’arabe. Mais pour la science mondaine, ce que le français ou l’anglais fait dans sa langue, nous pouvons le faire avec nos propres systèmes d’écriture comme l’a fait le chinois et d’autres.)
En 1989, deux frères guinéens, Chernor Ibrahima et son jeune frère Chernor Abdoulaye J Barry nous ont rendu ce que nous avions perdu : notre propre écriture.
ADLaM. Le nom même est tout un programme : Alkule Dandaydhe Leñol Mulugol – « L’alphabet qui sauve le peuple de l’oubli ».
Pourquoi ADLaM est notre seul et véritable facteur d’union ?
1. Parce qu’une langue sans écriture propre est une langue qui meurt.
Les peuples passent, les empires s’effondrent. Ce qui reste, ce sont les écritures . ADLaM, c’est notre pyramide. C’est ce qui restera de nous dans 500 ans.
2. Parce qu’ADLaM nous rend égaux.
Quand un Peulh du Mali écrit en ADLaM à un Peulh du Cameroun, il n’y a plus de frontière française, anglaise ou arabe entre eux. Il n’y a que deux frères qui se parlent directement, dans l’écriture de leurs ancêtres. ADLaM brise le mur colonial qui nous a séparés.
3. Parce qu’ADLaM porte notre vision du monde.
Notre écriture s’écrit de droite à gauche, comme notre bétail se déplace. Ses lettres ont la forme des cornes du zébu, de l’empreinte du berger, du crochet du nomade. Apprendre ADLaM, ce n’est pas juste apprendre un alphabet, c’est réapprendre à penser comme un Pullo. Avec le _Pulaaku_ : la dignité, le courage, la retenue.
Aujourd’hui, ADLaM est sur tous les téléphones Android, sur Google, sur Windows.
L’ONU l’a reconnu. Le monde est prêt à nous lire. La question est : Sommes-nous prêts à nous écrire ?
Alors, je lance cet appel :
À chaque association peulh , faites de l’apprentissage d’ADLaM votre priorité numéro un.
À chaque parent, apprenez à votre enfant à écrire son nom en ADLaM avant même qu’il ne l’écrive en français.
À chaque jeune sur TikTok, Facebook, WhatsApp, écrivez un mot par jour en ADLaM.
On ne s’unit pas avec des discours. On s’unit avec un acte commun, quotidien, visible.
L’union des Peulhs ne se fera pas à Conakry, ni à Dakar, ni à Abuja. Elle se fera lettre par lettre, mot par mot, dans cette écriture que Dieu nous a rendue.
Apprenons ADLaM. Enseignons ADLaM. Vivons ADLaM.
Car un peuple qui écrit ensemble, reste ensemble.
𞤏𞤢𞤳𞥆𞤭𞤤𞤮𞤯𞤫𞤲 𞤶𞤢𞤲𞤺𞤫𞤲 𞤦𞤭𞤲𞤣𞤮𞤤 𞤥𞤫𞤲 𞤀𞤁𞤂𞤃.
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