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Discours de Doumbouya : « C’est beau d’écouter des discours, mais il faut des actes concrets »,

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À New York, le discours présidentiel a porté la voix officielle de la Guinée à la tribune de l’ONU. Dans la rue, des Guinéens manifestaient contre la présence de Mamadi Doumbouya, tandis que d’autres lui apportaient leur soutien. Entre ces deux images d’une même communauté nationale, Oumar Sanoh, président du Bloc Libéral, appelle désormais les autorités à tirer les leçons de cette séquence : privilégier le dialogue, renforcer les institutions et surtout transformer les engagements annoncés à l’étranger en actes concrets en Guinée.

Le président de la République Mamadi Doumbouya a pris la parole le 23 septembre 2026 à la tribune de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies. Son intervention a notamment porté sur la souveraineté, le développement économique, les ressources naturelles, les réformes institutionnelles et le projet Simandou.

Au lendemain de cette intervention, Laguinee.info a recueilli la réaction d’Oumar Sanoh, président du Bloc Libéral. L’acteur politique revient sur le contenu du discours, les manifestations de Guinéens à New York et les enjeux politiques internes.

« Il faut que ces discours-là soient concrétisés par des actes »

Pour Oumar Sanoh, plusieurs orientations défendues par Mamadi Doumbouya à la tribune des Nations unies méritent d’être retenues.

« Ma première réaction, d’abord, est de dire que le président de la République a présenté à la communauté internationale une certaine vision de la Guinée, notamment autour de la question de la souveraineté nationale, du développement économique, de la valorisation des ressources naturelles et de la volonté de construire notre trajectoire », souligne-t-il.

Le président du Bloc Libéral estime toutefois que la portée d’un discours politique doit être mesurée à l’aune de sa traduction dans les faits.

« C’est beau d’écouter des discours, mais il faut que ces discours-là soient concrétisés par des actes concrets. C’est ce que nous attendons au Bloc Libéral », affirme-t-il.

Les manifestations de New York, un autre visage de la séquence

La présence de Mamadi Doumbouya à New York a également donné lieu à des mobilisations de Guinéens, certains venus soutenir le chef de l’État et d’autres manifester contre sa présence. Cette confrontation a suscité des réactions dans la classe politique guinéenne.

Pour Oumar Sanoh, le pluralisme politique reste un principe démocratique, mais il estime nécessaire de distinguer la personne du président de l’institution qu’il représente lorsqu’il se trouve à l’étranger.

« Il faut savoir faire la différence entre la personne du président de la République et l’institution qu’il incarne, la présidence de la République. Lorsqu’un chef d’État représente un pays auprès d’une organisation internationale, c’est la Guinée qui est représentée, c’est l’image de la Guinée qui est en jeu », explique-t-il.

Il reconnaît toutefois le droit de manifester: « La manifestation, c’est un droit constitutionnel qui est reconnu dans la Constitution de la Guinée, mais doit se faire dans les règles de l’art, tout en respectant les lois de la République », soutient-il.

« Il faut privilégier le dialogue »

Pour le président du Bloc Libéral, les images venues de New York doivent également interpeller les autorités sur les divisions et les tensions politiques internes.

« Aujourd’hui, ce qui s’est passé à New York doit interpeller la conscience de nos autorités, comme pour dire qu’il faut prioriser, un, le dialogue entre nous, les Guinéens, entre les acteurs sociopolitiques », déclare-t-il.

Oumar Sanoh plaide également pour le renforcement des institutions, la garantie des libertés et l’indépendance de la justice.

Il insiste par ailleurs sur la diversité de l’opposition politique: « Il ne faudrait pas que les gens jugent l’opposition comme un ensemble homogène. Nous ne sommes pas un ensemble homogène. Nous sommes un ensemble de partis politiques aujourd’hui qui évoluent dans l’opposition républicaine »,affirme-t-il.

Son message à Mamadi Doumbouya

Invité à adresser directement un message au président de la République, Oumar Sanoh revient sur la nécessité, selon lui, de privilégier l’apaisement.

« Quels que soient les différends politiques qui se trouvent à l’intérieur du pays, il doit privilégier le dialogue, il doit aller vers l’apaisement », dit-il.

Il demande également le renforcement des institutions issues des élections, la garantie des libertés publiques et le respect des droits de l’homme: « Une nation ne vaut que ce que valent ses institutions », insiste-t-il.

Simandou : des ressources naturelles aux ressources humaines

Au-delà de la question institutionnelle, Oumar Sanoh place également les retombées économiques au centre de ses préoccupations. Il cite notamment le projet Simandou, présenté par Mamadi Doumbouya parmi les leviers de transformation économique de la Guinée.

Pour le président du Bloc Libéral, ce mégaprojet ne devrait pas seulement être envisagé sous l’angle des recettes publiques: « Il faut que le projet Simandou ne soit pas seulement une production axée sur les recettes, mais il faut que ce projet, ce mégaprojet, soit quelque chose qui peut profiter aux Guinéens, en termes de formation, en termes d’emplois jeunes et en termes de transformation du pays sur le plan socio-économique, en termes d’infrastructures », soutient-il.

Il cite également l’éducation, la santé, l’agriculture, la pêche, l’élevage, l’emploi et la formation parmi les secteurs auxquels, selon lui, les autorités doivent accorder une attention particulière.

Après avoir évoqué son expérience de terrain, Oumar Sanoh insiste sur la nécessité de valoriser les compétences nationales: « Les ressources naturelles ne sont importantes que lorsque les ressources humaines sont valorisées dans notre pays », estime-t-il.

les discours: « Il faut que ça soit concrétisé à travers des actes »

Au terme de l’entretien, le président du Bloc Libéral revient à son principal message : les annonces faites à la tribune des Nations unies doivent désormais trouver une traduction concrète sur le terrain.

« Le discours qui a été prononcé aux Nations unies, que ça ne soit pas un discours en l’air. Il faut que ça soit concrétisé à travers des actes, ce qui est important pour la Guinée », conclut-il.

Entre le discours présidentiel sur la souveraineté et le développement, les manifestations de Guinéens à New York et les attentes exprimées par une partie de la classe politique, la séquence new-yorkaise ouvre ainsi un nouveau débat sur la traduction des engagements politiques en actions nationales.

Maïmouna Keïta, stagiaire pour Laguinee.info

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