spot_imgspot_imgspot_imgspot_img

Affaire Thélyson Orélien : le Goncourt coupe court au roman soupçonné d’avoir été écrit par une IA

spot_imgspot_imgspot_img

À LIRE AUSSI

Le ciel littéraire vient de s’effondrer sur Thélyson Orélien. À peine couronné par le succès, couvert de récompenses et lancé dans la course aux grands prix de l’automne, l’écrivain canado-haïtien voit son roman « C’était ça ou mourir » brutalement éjecté de la première sélection du Goncourt. En cause : des accusations de plagiat et des analyses concluant, selon l’Académie, que le livre serait très largement le produit d’une intelligence artificielle.

Le couperet est tombé ce vendredi 25 septembre. L’Académie Goncourt a annoncé le retrait de « C’était ça ou mourir », publié aux éditions Grasset, de sa première sélection pour le prix 2026.

Dans son communiqué, l’Académie invoque deux éléments : « les plagiats dont son auteur s’est rendu coupable au fil du temps et qui viennent d’être révélés » ainsi que « le résultat convergent de plusieurs analyses de chercheurs et journalistes dignes de foi », selon lesquelles le roman serait « selon toute vraisemblance très largement le produit d’une Intelligence Artificielle ».

Du phénomène littéraire à la tempête

La chute est d’autant plus spectaculaire que Thélyson Orélien était devenu, en quelques semaines, l’une des révélations de la rentrée littéraire.

Son premier roman, publié au Québec en mars 2026 puis en France chez Grasset le 19 août, avait rapidement dépassé les 35 000 exemplaires vendus. Il avait également obtenu plusieurs distinctions, dont le Prix du Roman Fnac, décerné le 21 septembre.

Le livre figurait alors parmi les prétendants au Goncourt, au Renaudot, au Femina et au Médicis. Son succès semblait donc lancé à pleine vitesse avant que la polémique ne vienne brutalement changer le scénario.

Le soupçon d’IA met le feu aux poudres

La controverse a pris une nouvelle dimension après la diffusion, sur X, d’analyses réalisées avec Pangram, un outil de détection de textes générés par intelligence artificielle. Le compte à l’origine de ces accusations affirmait que plusieurs passages du roman avaient été identifiés comme générés par une IA. L’affaire a rapidement dépassé les trois millions de vues.

Thélyson Orélien conteste ces accusations. Il affirme avoir commencé à écrire son roman à l’automne 2017 et avoir achevé un premier jet en 2019, bien avant l’explosion publique des outils d’IA générative. Son éditeur Grasset avait également défendu l’auteur et dénoncé des accusations présentées comme péremptoires.

Les débats portent également sur la fiabilité des détecteurs d’IA. Plusieurs analyses médiatiques ont souligné les limites de ces outils et la difficulté d’établir, à partir d’un simple score algorithmique, qu’un texte a effectivement été produit par une intelligence artificielle.

Des accusations de plagiat s’ajoutent au dossier

Comme si la polémique autour de l’IA ne suffisait pas, des accusations de plagiat visant d’anciens textes attribués à Thélyson Orélien sont apparues au Canada.

Le quotidien québécois La Presse a notamment rapporté plusieurs cas allégués concernant des textes publiés dans les années 2010. L’un d’eux aurait repris, en grande partie et avec des modifications, un article publié auparavant dans un média philippin.

L’auteur, lui, dénonce une « volonté » de le faire taire et conteste les accusations portées contre lui.

Le Goncourt ferme la porte

La décision de l’Académie Goncourt intervient donc au terme d’une semaine de polémique qui a vu les soutiens, les accusations et les contre-accusations se multiplier.

Le retrait de « C’était ça ou mourir » signifie que le roman ne concourra finalement pas pour le Goncourt 2026.

Au Québec, la polémique a également produit ses premiers effets. Le Salon du livre de l’Estrie a retiré à Thélyson Orélien son titre d’invité d’honneur, tandis que les éditions du Boréal ont suspendu sa tournée promotionnelle autour du roman.

Le cas Thélyson Orélien dépasse désormais le seul destin d’un écrivain et de son roman. Il place au centre du débat une question qui agite déjà le monde littéraire : jusqu’où l’intelligence artificielle peut-elle entrer dans la création sans brouiller la frontière entre l’auteur, l’outil et la machine ?

Pour « C’était ça ou mourir », le rêve d’une consécration au Goncourt s’arrête donc avant même la deuxième sélection. Le roman qui semblait courir vers les sommets vient de rencontrer un obstacle de taille : le soupçon, le plagiat et la machine.

Laguinee.info

- Advertisement -
spot_img
spot_img
spot_img

ECHO DE NOS RÉGIONS