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Conakry : quand les pneus usés retrouvent une seconde vie en chaussures

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À Conakry, des pneus usés, promis au rebut, retrouvent une seconde vie sous forme de chaussures. Depuis 2012, Mohamed Soumah transforme ces matériaux issus des sites miniers en chaussures, à la faveur d’un savoir-faire artisanal transmis et perpétué malgré le manque de matériel.

Dans son atelier, les pneus usés ne finissent pas à la décharge. Ils sont découpés, façonnés et transformés en chaussures. Une manière pour Mohamed Soumah de donner une nouvelle utilité à une matière dont l’usage initial est arrivé à son terme.

Du pneu usé à la chaussure

Pour réaliser ses chaussures, l’artisan utilise principalement un cutter. L’outil lui permet de découper le pneu avant de lui donner progressivement la forme souhaitée.

« Pour transformer le pneu en chaussures, c’est à l’aide d’un couteau qu’on appelle cutter. C’est ce couteau qui nous permet de couper le pneu très vite. Sans ça, on ne peut pas le transformer », explique Mohamed Soumah.

L’artisan précise que les pneus utilisés dans son activité ne sont pas ceux des véhicules ordinaires.

« En ce qui concerne le pneu, on n’utilise pas les pneus des véhicules, mais plutôt les pneus qu’on utilise à la mine, parce que les gens confondent beaucoup », souligne-t-il.

Une seconde vie grâce à l’artisanat

Cette transformation permet ainsi à des pneus usés de retrouver une fonction différente. Depuis 2012, Mohamed Soumah exerce cette activité après avoir appris le métier auprès d’un autre artisan guinéen.

« Ce n’est pas moi qui ai eu l’idée de transformer le pneu en chaussures. J’ai appris ce métier auprès d’un jeune Guinéen qui évolue actuellement à Coyah. C’est lui qui m’a appris à faire les chaussures », raconte-t-il.

Au-delà de la fabrication, ces chaussures alimentent un petit circuit de revente dans le quartier. Des jeunes viennent s’approvisionner auprès de l’artisan avant de revendre les produits à leur tour.

« Actuellement, mes principaux clients sont les petits du quartier qui viennent acheter les chaussures et partent les revendre à leur tour. Donc j’évolue avec les jeunes du quartier, c’est comme ça que je travaille », explique Mohamed Soumah.

Un savoir-faire limité par le manque d’équipements

Si cette activité permet de valoriser les pneus usés, son développement reste limité par le manque de matériel adapté.

« Les difficultés que j’ai aujourd’hui, c’est le manque de matériel. Mais ce n’est pas moi seul : précisément ici en Guinée, nous n’avons pas de matériel. Sinon, nous aussi, on a plein d’idées en tête pour pouvoir moderniser notre travail », déplore-t-il.

Depuis quatorze ans, Mohamed Soumah poursuit pourtant cette activité. Pour lui, la transformation des pneus est devenue à la fois un métier et une passion.

« Pour moi, cette activité représente un travail et en même temps une passion, parce que je suis dedans depuis 2012 et j’arrive à m’en sortir grâce à ça », affirme-t-il.

Fatoumata Yarie Camara et Nansira Ballo, stagiaires pour Laguinee.info

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