Il devait simplement rentrer à Boké après un atelier à Kindia. À 7 h 19, M. Djogo appelait encore son épouse pour lui annoncer son départ. Quelques heures plus tard, son téléphone répondait à sa place et une terrible nouvelle venait briser le quotidien de sa famille. Le directeur des études de l’École normale d’instituteurs (ENI) de Boké figure parmi les quatre victimes de l’accident survenu dimanche 20 septembre 2026 à Labota, dans la préfecture de Kindia.
M. Djogo regagnait Boké après avoir participé à un atelier organisé par le ministère à Kindia. Né en 1969, il avait séjourné dans la ville dans le cadre de cette activité avant de prendre la route dimanche matin.
Ce lundi, une délégation du ministère, accompagnée des autorités de Kindia et de plusieurs personnes venues de Boké, s’est rendue dans la ville pour soutenir la famille du défunt.
« Soudain, un inconnu a décroché »

Pour son épouse, Mariama Camara, la matinée avait pourtant commencé comme une journée ordinaire. À 7 h 19, son mari lui avait annoncé par téléphone qu’il avait embarqué pour rentrer à Boké.
« À 7 h 19, c’est lui-même qui m’a appelée pour me dire qu’il avait embarqué pour partir. Je suis ensuite allée au marché. À mon retour, je préparais la cuisine. Vers 10 heures, je l’ai appelé. Son téléphone sonnait, mais il ne décrochait pas. J’ai insisté et, soudain, un inconnu a décroché », raconte-t-elle.
Elle cherche alors à savoir où se trouve son mari. La réponse de son interlocuteur fait naître l’inquiétude.
« Il m’a demandé qui j’étais. Je lui ai répondu que j’étais sa femme. Il m’a alors dit : “Tu es vraiment courageuse ?” Je lui ai demandé pourquoi il me posait cette question et ce qui se passait. C’est à ce moment-là que j’ai appris la mauvaise nouvelle. Je suis sortie de la maison en pleurant », témoigne Mariama Camara.
À l’ENI de Boké, le choc des collègues
À Boké, la disparition du directeur des études de l’ENI bouleverse également ses collègues. Tolmo M’Memba 2, directeur de l’établissement, décrit un collaborateur apprécié pour son engagement dans la formation.
« Depuis hier, j’ai appris la nouvelle et je n’ai vraiment pas de force. Monsieur Djogo était un homme très bon. C’est un grand homme qui a formé plusieurs cadres de ce pays », témoigne-t-il.

Selon le directeur, M. Djogo avait rejoint l’établissement en 2008 et y avait exercé jusqu’à sa disparition, soit près de 18 années au service de l’ENI de Boké.
« La jeunesse était vraiment avec lui. Nous travaillions dans la convivialité. Au service, lorsque vous lui demandiez de faire quelque chose, il le faisait », ajoute-t-il.
La disparition de M. Djogo laisse ainsi une famille endeuillée et une communauté éducative sous le choc. À l’ENI de Boké, ses collègues saluent la mémoire d’un responsable qui, durant près de deux décennies, a participé à la formation de plusieurs générations de jeunes.
JFK, pour Laguinee.info





