Elle était partie vendre sa marchandise. Quelques heures plus tard, elle aurait été frappée et conduite à l’hôpital après s’être plainte de douleurs au cou. La jeune femme, présentée comme Fatoumata Yarie par ses proches, est finalement décédée. L’acte s’est produit au quartier Cité de l’Air à Conakry. Sa famille accuse son oncle d’être à l’origine des violences présumées et réclame que toute la lumière soit faite sur les circonstances de sa mort.
Selon les témoignages recueillis auprès de ses proches, des tensions familiales existaient depuis plusieurs mois entre la mère de la défunte et la femme de son oncle. La situation aurait ensuite dégénéré avec l’intervention de ce dernier.
La mère de la jeune femme affirme que son frère aurait régulièrement proféré des menaces à l’encontre de sa fille.
« Cette querelle aurait commencé entre la mère de la défunte et la femme de son oncle. L’oncle s’est mêlé de l’affaire et n’a pas cessé de menacer ma fille chaque jour. Cette querelle date au moins du mois de Ramadan », témoigne-t-elle.
Elle évoque également des précédents ayant conduit la famille à saisir les autorités.
« La femme de son oncle est venue dernièrement pour insulter mon mari. Elle m’a une fois amenée à la gendarmerie à cause d’une petite morsure à la main », raconte-t-elle.
D’après la mère, les tensions se seraient poursuivies malgré les tentatives de régler le différend.
« Ma fille a tenté de défendre sa famille, mais son oncle l’a menacée en disant qu’il allait la tuer. Quand il avait tenté de tuer ma fille pour la première fois, j’étais à la gendarmerie. À mon retour, nous avons essayé d’arranger les choses, mais il continuait à dire qu’il allait la tuer. Il disait que, s’il ne tuait pas la fille, il tuerait mon mari », affirme-t-elle.
Une agression présumée avant le décès
La famille rapporte qu’une nouvelle altercation aurait eu lieu mardi, alors que Fatoumata Yarie était sortie pour vendre sa marchandise.
Selon sa mère, la jeune femme aurait été suivie puis frappée avant de trouver refuge dans une cour.
« Le mardi, il a suivi ma fille alors qu’elle était partie vendre sa marchandise et l’a cognée avec quelque chose. Elle s’est sauvée et est entrée dans une cour en criant : “Voleur !” Depuis qu’elle a été cognée, ma fille n’a cessé de dire qu’elle avait mal au cou. Nous l’avons amenée à l’hôpital pour recevoir des soins. Aujourd’hui, elle est morte », témoigne-t-elle.
Le lien entre les violences alléguées et le décès de la jeune femme n’est toutefois pas établi à ce stade.
« Tante, venez me prendre »
La tante de la défunte affirme avoir été appelée par Yarie après l’incident.
« Le mardi, Yarie m’a appelée et m’a dit que son oncle l’avait frappée. Je lui ai demandé pourquoi il l’avait frappée. Elle m’a dit qu’il disait qu’il allait la tuer et qu’il l’avait suivie pour la frapper », raconte-t-elle.
Selon son récit, la jeune femme lui aurait ensuite demandé de venir la chercher.
« Elle m’a dit : “Tante, venez me prendre.” Je suis partie la chercher avec ma marâtre. Nous sommes parties retrouver Yarie dans la cour où elle était entrée pour se sauver. »
La tante affirme que l’état de la jeune femme s’était ensuite dégradé.
« Depuis cette affaire, elle n’a plus retrouvé sa santé. Elle était complètement fatiguée. Et aujourd’hui, on nous a annoncé qu’elle est morte », poursuit-elle.
La famille réclame une enquête
Pour les proches de Fatoumata Yarie, plusieurs questions restent désormais sans réponse. Ils souhaitent notamment que les circonstances des violences alléguées et celles du décès soient établies par les autorités compétentes.
La tante de la défunte appelle l’État à intervenir pour accompagner la famille dans cette épreuve.
« Ce que nous demandons à l’État, c’est de nous aider. Ma sœur souffre dans son foyer », conclut-elle.
Nansira Ballo, stagiaire pour Laguinee.info





