Quatre membres d’une même famille ont péri dans un incendie qui s’est déclaré aux premières heures de ce mercredi 16 septembre 2026 à Gbessia Cité 2, dans la commune de Matoto. Alors que le quartier s’apprêtait à commencer sa journée, Mohamed Condé, son épouse, leur enfant et la jeune sœur de cette dernière se sont retrouvés piégés à l’intérieur de leur maison.

Le drame s’est produit entre 4 heures et 5 heures du matin. À cette heure, plusieurs habitants du quartier étaient encore chez eux, tandis que d’autres se préparaient à se rendre à la prière.
Selon les informations recueillies sur place, le feu s’est déclaré au niveau de l’habitation de la famille Condé avant de se propager rapidement. Les quatre occupants présents dans la maison n’ont pas pu échapper aux flammes.

Alertés par l’incendie, des jeunes de Gbessia Cité 2 se sont mobilisés pour tenter de porter secours à la famille. Plusieurs habitants ont essayé de maîtriser le feu et d’accéder à l’intérieur de la maison.
N’Famory Kaba, frère de l’une des victimes, affirme avoir été parmi les premières personnes à tenter d’intervenir. Il raconte avoir constaté que le feu avait déjà pris une partie de la maison.

« L’acte s’est passé à l’aube, lorsque les gens partaient à la prière. J’ai vu que le feu avait pris la toile de la maison. Dès que j’ai vu le feu, je me suis directement approché de la maison », témoigne-t-il.
Face à l’intensité des flammes, les habitants ont alerté les autorités et les sapeurs-pompiers. N’Famory Kaba affirme toutefois que l’intervention des secours n’a pas permis de sauver les occupants.

« On a fait appel aux autorités, mais elles sont venues trop tard. Pendant que les autres éteignaient le feu, moi, j’ai enfoncé la porte de la douche, puis celle de la chambre pour secourir la famille. Mais malheureusement, mon frère était déjà mort avec sa famille », poursuit-il.

Après avoir tenté d’accéder aux différentes pièces de la maison, le proche des victimes dit avoir également essayé de sortir les corps. Une opération rendue difficile par les conditions à l’intérieur de l’habitation.
« J’ai tenté de prendre les corps, mais je n’ai pas pu. J’ai fait appel à mes proches pour venir m’aider. On a fait appel aux sapeurs-pompiers, mais ils sont venus tardivement », explique N’Famory Kaba.
Une mobilisation des jeunes du quartier
Le président du conseil de quartier de Gbessia Cité 2, Elhadj Alseny Yansané, confirme la mobilisation rapide des jeunes après le déclenchement de l’incendie.
« Tous les jeunes de Gbessia Cité 2 se sont mobilisés pour éteindre ce feu. C’est l’incendie qui nous a réveillés. Nous avons essayé de faire de notre mieux, mais nous n’avons pas pu. Avant l’arrivée des sapeurs-pompiers, c’était déjà trop tard », rapporte-t-il.
Selon lui, les habitants ont rencontré des difficultés pour accéder rapidement à l’intérieur de la maison et porter secours aux occupants.

Le responsable du quartier évoque notamment la configuration des habitations et les dispositifs de sécurité installés sur certaines maisons à Conakry.
« Nos maisons à Conakry sont barricadées parce que, pour des mesures de sécurité, on met toujours des antivols sur les fenêtres. Les maisons sont en fer, les portes aussi. Tout cela a aggravé la situation », estime Elhadj Alseny Yansané.
Il ajoute que, malgré la mobilisation des jeunes dès les premières minutes, ceux-ci ne disposaient pas des moyens nécessaires pour maîtriser rapidement le sinistre.
La piste du court-circuit évoquée
L’origine exacte de l’incendie n’est pas encore officiellement établie. Sur place, le président du conseil de quartier évoque toutefois la piste d’un court-circuit provenant d’un poteau électrique situé à proximité de la maison.
« L’origine de l’incendie est un court-circuit d’un poteau de courant qui est tout près de la maison. Les étincelles sont tombées sur le toit et c’est à partir de là que le feu a pris la maison », affirme-t-il.
Cette version reste à confirmer par les investigations qui devront déterminer les circonstances précises du départ de feu.
Quatre victimes dans une même famille
Le bilan du sinistre est de quatre morts. Les victimes sont Mohamed Condé, son épouse, leur enfant et la jeune sœur de l’épouse.
La nouvelle a provoqué une forte émotion parmi les proches et les habitants de Gbessia Cité 2. Une sœur de la femme décédée a exprimé sa douleur face à la disparition de plusieurs membres de sa famille.
« Mon beau-frère est mort avec toute sa famille. C’est Dieu qui est le plus grand », témoigne-t-elle.
Sur les lieux, le maire de Gbessia ainsi que plusieurs responsables locaux se sont également rendus pour constater les dégâts et s’enquérir de la situation.
Au-delà du bilan humain, les témoignages recueillis sur place mettent en avant les difficultés rencontrées par les habitants pour intervenir rapidement lors du sinistre. La configuration de certaines habitations et l’accès aux maisons constituent notamment des éléments évoqués par les témoins.
Les circonstances exactes du départ de feu, sa propagation et les conditions dans lesquelles les quatre occupants ont perdu la vie devront être déterminées par les investigations.
À Gbessia Cité 2, la famille Condé est désormais endeuillée par la disparition de quatre de ses membres dans un même incendie survenu à l’aube.
Ibrahima Diallo, Mamadou Alimou Barry, Fatoumata Yarie Camara et Nansira Ballo, stagiaires pour Laguinee.info





