Le chariot avance lentement dans une rue de Kissosso. Baïlo Diallo pousse de toutes ses forces son étrange petit commerce monté sur trois roues. Un fût métallique jaune lui sert de glacière. Quelques sachets de lait sont suspendus au-dessus de sa tête. À chaque arrêt, il scrute les passants à la recherche d’un client. Puis il reprend sa route.
À Matoto, cette scène se répète presque chaque jour. Baïlo n’a jamais été scolarisé et n’a appris aucun métier particulier. Pourtant, il refuse de rester sans activité. Il a choisi de vendre dans les rues pour subvenir à ses besoins.
« Je n’ai pas été à l’école. Je n’ai pas de métier. Mais je ne veux pas rester sans rien faire », explique-t-il.
Son chariot, il l’a construit progressivement. Un toit artisanal lui permet de se protéger du soleil et de la pluie. Pour lui, cet équipement représente surtout un moyen de travailler avec les moyens dont il dispose.
« Ce chariot, je l’ai construit petit à petit. Chaque jour, je le pousse dans le quartier pour vendre », raconte-t-il.
Quand la pluie ralentit ses pas
À Kissosso, la pluie peut changer le cours de sa journée. Les routes deviennent boueuses et glissantes. Le chariot devient alors plus difficile à déplacer. Les clients se font aussi plus rares.
« Quand il pleut beaucoup, c’est plus dur. Le chariot glisse, les clients restent chez eux. Je perds une partie de la journée », témoigne-t-il.
Les journées ne se ressemblent pas non plus sur le plan financier. Baïlo affirme gagner entre 25 000 et 35 000 francs guinéens par jour.
« Certains jours sont meilleurs que d’autres. Tout dépend de la clientèle et du temps qu’il fait », précise-t-il.
Un petit commerce, un grand projet
Dans le quartier, son activité est désormais connue de certains habitants. Un client régulier dit le voir passer presque tous les jours.
« On le voit tous les jours ici. Il est courageux. Beaucoup de jeunes dans son cas restent sans rien faire, lui a préféré travailler », témoigne-t-il.
Baïlo ne veut pas se contenter de ce chariot. Il rêve d’agrandir son activité et, un jour, de disposer d’une boutique.
« Mon souhait, c’est d’agrandir un jour mon commerce. Peut-être avoir une vraie boutique », confie-t-il.
Pour l’instant, il continue de pousser son chariot dans les rues de Kissosso. Trois roues, un fût jaune et quelques produits lui suffisent pour tenter de gagner sa journée. Pour Baïlo rester debout dans la vie commence simplement par le fait de ne pas rester sans rien faire.
Mamaouba Niang, stagiaire de Laguinee.info





