À Entag, dans la banlieue de Conakry, le bruit du métal accompagne encore le quotidien de Moussa Bella Diallo. Depuis 1984, ce forgeron fabrique des marmites en aluminium selon une méthode artisanale qu’il a apprise à Labé. Installé à Entag depuis 2000, il affirme être aujourd’hui le seul artisan de ce métier dans son quartier.

Son atelier accueille également des apprentis. Moussa Bella Diallo affirme que plusieurs de ses enfants ont appris le métier à ses côtés. Le troisième apprenti serait, selon lui, son petit-fils.
Pour le forgeron, la fabrication traditionnelle des marmites doit continuer. « Cette activité ne peut pas disparaître », affirme-t-il.
Il se souvient d’une époque où les artisans de Conakry récupéraient les restes de marmites en fonte laissées par les colons. Aujourd’hui, lui et d’autres artisans utilisent principalement l’aluminium. Selon Moussa Bella Diallo, ce matériau permet d’obtenir de meilleurs résultats.
Le plastique a changé le métier
Au fil des années, le métier a cependant perdu plusieurs de ses artisans. Moussa Bella Diallo affirme que certains forgerons qui fabriquaient notamment des seaux et des fourneaux ont abandonné leur activité face à la concurrence des produits en plastique.

« Ils ont gâté beaucoup de forgerons », déplore-t-il, en évoquant les conséquences de cette concurrence sur les artisans concernés.
Le forgeron critique également certaines marmites importées qu’il estime moins adaptées à la cuisson directement au feu. « Ce que les blancs fabriquent ne peut pas supporter le feu », explique-t-il.
Selon lui, les marmites fabriquées à Entag résistent davantage à la cuisson au feu de bois.
Des matériaux récupérés
Dans son atelier, l’aluminium utilisé pour fabriquer les marmites provient notamment de canettes de jus et de pièces détachées de voitures récupérées.
Ces matériaux sont achetés au poids. Leur prix varie entre 1 000 et 8 000 francs guinéens le kilogramme, selon les informations fournies par le forgeron.
La transformation commence dans un four artisanal. Le métal peut mettre jusqu’à une heure pour fondre avant d’être coulé.
La fabrication repose ensuite sur une technique traditionnelle. Le sable sert d’abord à réaliser le moule qui donnera sa forme à la marmite. Une fois l’aluminium porté à l’état liquide, il est versé dans le moule. Après refroidissement, la pièce prend sa forme définitive.
Jusqu’à six marmites par jour
L’atelier produit différentes tailles de marmites. Moussa Bella Diallo affirme pouvoir en fabriquer jusqu’à six par jour.
Les modèles présentés vont de 25 à 40 kilogrammes. Les marmites de 25 kilogrammes sont vendues à 280 000 francs guinéens, celles de 30 kilogrammes à 300 000 francs et celles de 40 kilogrammes à 500 000 francs.
Ces ustensiles servent notamment à la cuisson de liquides et à différents usages culinaires.
Un métier qui fait vivre son atelier
Moussa Bella Diallo ne souhaite pas communiquer le montant précis de ses revenus. Il assure toutefois que cette activité lui permet de gagner sa vie.
À Entag, son atelier reste un lieu où la fabrication artisanale des marmites en aluminium se poursuit. Entre récupération de matériaux, travail du métal et transmission aux apprentis, le forgeron continue d’exercer un métier qu’il pratique depuis plus de quatre décennies.
Mamadou Saliou Diallo et Mamadouba Niang, stagiaires pour Laguinee.info





