Face à la recrudescence des accidents de la route en Guinée, l’ingénieur des mines et formateur certifié en conduite défensive et comportementale, Ghaly Sow, revient sur les causes de ces drames et les solutions pour y remédier.
Avec une dizaine d’années d’expérience dans la logistique et la sécurité routière au sein de plusieurs compagnies opérant en Guinée, Ghaly Sow s’est donné pour mission de sensibiliser les usagers à la prévention routière. Il a répondu aux questions de Laguinee.info.
Laguinee.info : Pouvez-vous vous présenter et nous parler brièvement de votre expérience dans le domaine de la conduite et de la sécurité routière ?
Ghaly Sow: Je suis ingénieur des mines et formateur certifié en conduite défensive et en conduite comportementale. Cela fait à peu près dix ans que je travaille dans le domaine de la logistique et de la sécurité routière. J’ai travaillé pour un certain nombre de compagnies en Guinée. Je cherche à conseiller, à sensibiliser et à apporter ma modeste contribution à la prévention des accidents routiers en Guinée.
Les accidents de la circulation restent fréquents à Conakry comme à l’intérieur du pays. Qu’est-ce qui explique, selon vous, cette situation ?
Cette situation s’explique par le manque de formation de certains conducteurs et également par la mauvaise conduite.
Quelles sont les principales causes de ces accidents et quels comportements à risque observez-vous le plus souvent chez les usagers de la route ?
Quand on regarde cette situation, on constate qu’elle n’est pas sans cause. Souvent, l’excès de vitesse arrive en premier lieu. Il y a aussi les dépassements dangereux, que l’on appelle souvent les dépassements en troisième position. Il y a également la conduite nocturne. Il y a assez de gens qui aiment conduire la nuit alors que leur corps est fatigué et réclame du sommeil. On peut aussi citer le non-port de la ceinture de sécurité, l’alcool au volant, mais aussi l’utilisation du téléphone au volant.
La méconnaissance ou le non-respect du Code de la route jouent-ils un rôle important dans ces accidents ?
Le Code de la route n’est pas suffisamment vulgarisé. Beaucoup de personnes ne connaissent pas le Code de la route, et cela peut entraîner des problèmes. Le non-respect du Code de la route joue un rôle important dans ces accidents, parce que bon nombre de personnes qui conduisent aujourd’hui n’ont pas de permis de conduire. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a beaucoup de personnes qui n’ont pas fréquenté une auto-école pour apprendre le Code de la route.
Quelles conséquences ces comportements peuvent-ils avoir sur les victimes, leurs familles et la société ?
En termes de conséquences, la première des choses, ce sont les conséquences humaines. Ces comportements peuvent causer des pertes en vies humaines, mais aussi des dégâts matériels. Nous vivons tous les jours avec des risques d’accidents et de renversements. Tout récemment, il y a eu un accident à Mamou au cours duquel 15 personnes ont perdu la vie. Et sur les conséquences matérielles, il y’a les véhicules et les motos qui sont endommagés.
Quelles mesures concrètes faudrait-il prendre pour réduire les accidents et améliorer le comportement des usagers sur les routes guinéennes ?
L’une des solutions que je propose, c’est de mettre en place un centre de formation professionnelle agréé par l’État, qui formerait les moniteurs. Les personnes qui doivent aller former dans les auto-écoles devraient elles-mêmes être issues d’un centre de formation reconnu par l’État.
Ensuite, il faudrait doter les agents chargés de la sécurité routière d’équipements permettant notamment d’effectuer des tests d’alcoolémie et de contrôler la vitesse.
Il faut également mettre à jour et vulgariser le Code de la route. Pour que ces accidents diminuent, il faut une coopération entre l’AGEROUTE et l’AGUISER afin d’équiper nos routes de panneaux de signalisation et de sanctionner, de temps en temps, ceux qui ne respectent pas les règles.
Propos recueillis par Elhadj Mamadou Pathé Diallo et Mariam Keïta





