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Entag Nord : des boutiques transformées en dortoirs fermées par les autorités

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Plusieurs boutiques utilisées comme logements ont été fermées sous cadenas ce jeudi 3 septembre au marché d’Entag Nord, à Tombolia. Une opération menée par la mairie pour rendre au marché sa vocation commerciale.

 

Plusieurs boutiques ont été fermées par cadenas ce jeudi 3 septembre 2026 au marché d’Entag Nord, dans la commune de Tombolia. L’opération, menée par les responsables du marché avec l’appui des forces de l’ordre et du maire de la commune, vise à déloger les personnes qui occupent illégalement les lieux à des fins d’habitation.

Cette opération intervient après un ultimatum de 72 heures donné aux occupants pour libérer les lieux.

 

« Le marché est transformé en dortoir »

Selon Seck Mohamed Cissé, maire de la commune de Tombolia, la décision fait suite à plusieurs constats effectués dans le marché.

« Le constat est amer. Le marché ressemble à tout sauf à un marché. C’est un centre de prostitution, un centre d’habitation. Le marché est carrément transformé en dortoir et on y fume de la drogue », explique-t-il.

Le maire indique que ces informations ont été remontées à la commune avant d’être transmises au Gouvernorat de la ville de Conakry. Selon lui, les autorités communales ont ensuite été instruites de prendre des dispositions pour faire évacuer les personnes qui dorment dans les marchés.

« C’est dans cette optique que nous avons envoyé un courrier de 72 heures aux occupants de ces chambrettes transformées en dortoirs pour qu’ils quittent les lieux », précise Seck Mohamed Cissé.

L’opération a été menée avec l’appui des forces de l’ordre. Le maire se félicite du départ volontaire de plusieurs occupants et prévient que des mesures pourraient suivre contre ceux qui refuseraient de quitter les lieux.

Les responsables du marché veulent réorganiser

Pour Sylla Mamadi, administrateur adjoint du marché d’Entag Nord, le site abritait également des personnes présentées comme des locataires illégaux.

« Le marché regorge de fumeurs de drogue et de locataires illégaux », affirme-t-il.

Selon lui, l’ultimatum de 72 heures avait pris fin mercredi 2 septembre. Les responsables du marché ont donc procédé, ce jeudi, à la fermeture de plusieurs boutiques à l’aide de cadenas.

L’administrateur adjoint précise également que les personnes souhaitant désormais s’installer dans le marché pour y exercer une activité commerciale devront passer par les bureaux de l’administration du marché et accomplir les démarches nécessaires.

Des occupants en difficulté pour se reloger

Du côté des personnes délogées, la situation est plus difficile. Aboubacar Sidiki Touré, qui affirme avoir occupé une boutique comme logement pendant plus de deux ans, dit avoir été contraint de quitter les lieux.

« Depuis 72 heures, les autorités sont venues casser nos portes pour qu’on libère les locations », témoigne-t-il.

Selon lui, le délai accordé n’a pas permis à tous les occupants de trouver une nouvelle habitation.

« Actuellement, c’est très difficile de trouver un local rapidement à Conakry. Certains voisins ont trouvé, d’autres jusqu’à présent n’ont pas eu de maison. Nos bagages sont tous étalés ici dehors », explique-t-il.

Aboubacar Sidiki Touré regrette notamment le manque de temps pour se reloger. « S’ils avaient donné un peu de temps, on aurait eu où rester. Mais notre situation est très difficile à expliquer », ajoute-t-il.

Les autorités communales annoncent par ailleurs vouloir poursuivre l’opération afin de libérer les espaces occupés et de les remettre à leur vocation commerciale.

Mamadou Alimou Barry, stagiaire pour  Laguinee.info

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