Alité depuis plus de 26 ans, Amadou Baïllo Bah, âgé d’une trentaine d’années, est contraint de passer tout son temps dans sa chambre, dépourvue de tout confort.

N’étant pas né ainsi, il explique les circonstances dans lesquelles sa maladie a commencé.
« Je ne suis pas né dans cette situation. Je n’avais que 13 ans quand cette maladie a commencé, avec un simple rhumatisme. À ce moment-là, j’étais élève en 4ᵉ année et j’habitais chez ma sœur à Koloma. Cela fait maintenant 26 ans que je suis couché dans mon lit de malade », raconte-t-il.
Malgré les nombreux soins, il finit par être paralysé.
« Mon papa vivait encore au début de cette maladie. Nous sommes allés dans plusieurs hôpitaux et tous parlaient de rhumatisme. Mais malheureusement, j’ai fini par être paralysé. Il fut un temps où mon pied était gonflé. J’ai reçu beaucoup de piqûres et pris des médicaments, mais cela n’a abouti à rien », poursuit-il.

Après la mort de son père, il se retrouve seul et doit prendre soin de lui-même malgré son état.
« La mort de mon papa a beaucoup joué sur moi. J’ai beaucoup souffert parce qu’il était celui qui prenait soin de moi, qui m’aidait à tout faire. Mais maintenant, je fais tout moi-même, sans l’aide de personne. »
Selon l’un de ses proches, Amadou Baïllo est quelqu’un de très courageux, car il fait ses besoins tout seul, sans l’aide de personne. Il arrive même parfois qu’il refuse qu’on lui apporte une aide physique.

Il explique pourquoi :
« C’est ici que je fais tous mes besoins, étant couché dans mon lit. Que ce soit pour manger ou pour autre chose, je fais tout seul. En fait, je refuse parfois de l’aide parce que je me dis que si mon papa est décédé, lui qui était mes bras et mes jambes, je dois apprendre à vivre sans aide. Sinon, si je m’habitue à cela et qu’un jour il n’y a personne ici, je vais souffrir davantage », dit-il.
Malgré ses appels à l’aide, Amadou ne bénéficie d’aucune aide gouvernementale. Il ne gagne de l’argent qu’après les interviews qu’il accorde aux journalistes.
« J’ai beaucoup appelé à l’aide, mais jusqu’aujourd’hui, je n’en ai obtenu aucune. Si j’ai un peu d’argent sur moi, c’est grâce aux interviews avec les journalistes, parce qu’après, les gens font des dépôts sur mon compte », avoue-t-il.
À force de rester entre les quatre murs de sa chambre, il ne voit presque plus, mais garde la foi.
« Actuellement, je ne vois pas très bien parce que passer 26 ans à regarder le plafond peut avoir des conséquences, selon moi. C’est vrai que je souffre beaucoup, mais comme j’ai vécu longtemps avec cette maladie, je supporte et je garde la foi, en espérant que quelqu’un viendra m’aider. »
Amadou renouvelle son appel à l’aide, espérant enfin obtenir une réponse.
« Je relance un appel à toutes les personnes de bonne volonté pour qu’elles me viennent en aide. Je demande au gouvernement de m’aider. Je souffre beaucoup. Pour l’amour du Créateur, venez enfin m’aider. »
Elhadj Mamadou Pathé Diallo et Mariame Keita, stagiaires pour Laguinee.info





