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Taouyah : ces femmes qui vendent au bord des rails au péril de leur vie

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À Taouyah, dans la commune de Ratoma, des dizaines de femmes vendeuses ont transformé les abords du chemin de fer en marché. Pour vendre, elles installent leurs étals à quelques centimètres des rails, obligeant clients et vendeuses à courir à chaque passage du train.

 

C’est un marché pas comme les autres.

À Taouyah, dans la commune de Ratoma, les abords du chemin de fer se sont transformés en marché à ciel ouvert. Chaque jour, des dizaines de femmes y installent leurs marchandises : légumes, fruits, condiments, poissons.

Leur comptoir : le ballast. Leur allée centrale : les rails.

Pour faire leurs achats, les clients doivent marcher entre les rails, enjamber les étals, au milieu du va-et-vient des vendeuses.

Courir à chaque passage du train

Une installation à haut risque. Le train passe, et tout le monde doit déguerpir en quelques secondes.

Certaines vendeuses, par prudence, préfèrent attendre son passage avant de s’installer.

« On attend que le train passe à 9 heures ou 11 heures avant de venir s’installer. Il y a des fois où on doit courir pour aller de l’autre côté pendant son passage », explique Fatoumata Bangoura, vendeuse au bord des rails.

Dans le brouhaha du marché, les activités se poursuivent malgré la proximité du danger. Les étals ne sont libérés qu’à la dernière minute, à l’approche de la locomotive.

« Quand le train est proche, on entend son sifflement et on voit sa lumière de loin. C’est à ce moment-là qu’on ramasse vite nos marchandises pour libérer le passage. Mais malgré ça, certaines négligent », témoigne Fanta Cissé, une autre vendeuse.

Un danger quotidien faute de marché

Chaque jour, ce marché de fortune attire vendeuses et clients, faute d’infrastructures adéquates.

Mais son emplacement, aux abords immédiats de la voie ferrée, constitue un danger permanent. Un déraillement, un freinage tardif, une bousculade, et le drame peut survenir.

Interrogées, les vendeuses disent n’avoir pas le choix. Sans marché aménagé à Taouyah, les abords du rail restent leur seul espace pour exercer leur petit commerce et faire vivre leur famille.

En attendant une solution des autorités communales, le marché de Taouyah continue de se tenir chaque jour sur les rails, au péril de la vie de ses usagères.

Mariame Keita et Alhassane Sylla, stagiaires pour Laguinee.info

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