Dans les rues du Grand Conakry, ils avancent sous le soleil, bravent parfois la pluie et parcourent plusieurs kilomètres avec leurs marchandises. Pour de nombreux jeunes, la vente ambulante n’est pas un choix de carrière, mais une manière de gagner quotidiennement de quoi vivre.
Dès le matin, sacs sur le dos et marchandises en main, ces vendeurs sillonnent les quartiers à la recherche de clients. Leur terrain de travail n’a pas de limites précises. Un vendeur peut parcourir plusieurs kilomètres dans la journée avant de rentrer chez lui.
Mohamed Camara fait partie de ces jeunes qui ont choisi cette activité pour assurer leur autonomie. Il explique que ses déplacements peuvent l’amener de la Tannerie jusqu’à Dabompa.
Il décrit les raisons qui le poussent à exercer ce métier : « Par jour, je peux marcher de Tannerie à Dabompa pour vendre. Je le fais pour me nourrir, pour ne pas rester à la merci des gens. »
Son activité a évolué au fil du temps. Après avoir vendu différents produits, il commercialise aujourd’hui des chapeaux et des casquettes. Une activité qui, selon lui, lui permet de contribuer aux dépenses de sa famille.
Il témoigne de cette évolution : « J’ai revendu beaucoup de choses comme le karafili et Omo. Aujourd’hui, je vends des chapeaux et des casquettes. Alhamdoulillah, grâce à ça, j’arrive à assurer les besoins de ma famille. »
Mais derrière cette autonomie se cachent des conditions de travail difficiles. La vente ambulante impose de longues heures de marche et une exposition permanente aux conditions météorologiques. Le vendeur doit continuer à se déplacer même lorsque les températures sont élevées ou lorsque la pluie s’installe.
Après plusieurs années dans cette activité, Mohamed Camara dit s’être habitué à ces contraintes, sans pour autant les considérer comme faciles.
Il revient sur les difficultés de son quotidien : « Dans tout ça, le plus difficile, que ce soit sous le soleil ou sous la pluie, je suis obligé de sortir pour vendre. Cela fait des années que je ne fais que marcher et revendre. Je peux marcher dans beaucoup d’endroits. »
Pour ces jeunes, chaque journée représente également une incertitude. Les revenus dépendent directement des ventes réalisées. Une journée avec peu de clients peut donc réduire considérablement les recettes.
La vente ambulante apparaît ainsi comme une forme de débrouille économique. Elle permet à certains jeunes de disposer d’un revenu sans attendre nécessairement un emploi salarié. Mais elle reste fragile, notamment en raison de l’irrégularité des revenus et de l’absence de certaines garanties liées à l’emploi formel.
Au-delà des difficultés quotidiennes, ces jeunes souhaitent surtout pouvoir accéder à des opportunités plus stables. Ils appellent les autorités et les bonnes volontés à renforcer les dispositifs permettant aux jeunes de développer des activités génératrices de revenus.
À Conakry, la présence croissante de ces vendeurs dans les rues traduit ainsi une réalité économique plus large : pour une partie de la jeunesse, gagner sa vie commence par se débrouiller avec les moyens disponibles, quitte à parcourir chaque jour plusieurs kilomètres pour trouver un client.
Mamadou Saliou Diallo, Stagiaire pour Laguinee.info





