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Dabompa : faute de dépotoir, un bras de mer envahi par les déchets

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À Dabompa, dans la commune de Tombolia, les déchets gagnent progressivement du terrain sur la mangrove. Faute d’espaces adaptés pour déposer les ordures, certains habitants les déversent en bordure du bras de mer. Sur place, l’accumulation des déchets soulève des préoccupations environnementales et sanitaires.

Dans cette partie de la commune, la mangrove disparaît peu à peu derrière les sachets plastiques et autres détritus. Les odeurs nauséabondes se dégagent par endroits, tandis que les déchets s’accumulent le long des berges et dans l’eau.

Le constat effectué sur place ce jeudi par un reporter de Laguinee.info montre l’ampleur du phénomène. La présence des ordures attire l’attention des riverains et des visiteurs qui fréquentent la zone.

Moriba Lamah, qui habite à proximité du bras de mer, attribue notamment cette situation au manque de dépotoirs. Il affirme que les dépôts d’ordures se poursuivent quotidiennement.

« C’est un fait qui nous préoccupe. Chaque jour, les gens viennent jeter des ordures ici. C’est tous les jours ça. Les gens n’ont pas là où déposer les ordures. Et d’autres, même s’il y en a, préfèrent les jeter ici », explique-t-il.

Face à cette pratique, le riverain dit avoir tenté plusieurs moyens pour dissuader les habitants de transformer les lieux en dépotoir. Il affirme avoir installé une pancarte et menacé d’infliger une amende aux personnes qui continueraient à y jeter leurs déchets.

Mais ces initiatives n’auraient pas permis de mettre fin au phénomène. Moriba Lamah explique que les dépôts se poursuivent surtout lorsqu’il s’absente pour aller travailler:

« Je les menace. Je crie. J’ai même mis une plaque qui exige une amende pour ceux qui oseront défier cette exigence. Mais quand je pars travailler, les gens profitent pour jeter les ordures. Des fois, je menace, mais sans agir, car ce sont des personnes que je connais », raconte-t-il.

La situation concerne également des enfants qui fréquentent les lieux à la recherche de sachets plastiques et d’autres matériaux recyclables. Ces derniers fouillent parfois les tas d’ordures pour récupérer ce qui peut être revendu.

Âgé de neuf ans, Ibrahima, nom d’emprunt, affirme participer à cette activité à la demande de sa mère. Il explique qu’il collecte les sachets plastiques avant de les vendre

« C’est ma mère qui me commissionne pour collecter les sachets plastiques et aller les vendre pour avoir de l’argent », témoigne l’enfant.

La présence d’enfants dans cet environnement soulève des préoccupations liées à leur exposition aux déchets et aux risques potentiels liés à leur manipulation. Leur activité s’ajoute ainsi aux problèmes environnementaux déjà visibles dans la zone.

Au fil des jours, l’accumulation des ordures contribue à dégrader la mangrove et les abords du bras de mer. Les déchets plastiques occupent une place importante dans cet espace, tandis que la végétation est progressivement recouverte par les détritus.

La situation pose aussi la question de la gestion des déchets dans cette partie de Tombolia. Si certains habitants invoquent l’absence de dépotoirs, le rejet des ordures dans la mangrove contribue directement à la dégradation du milieu.

À Dabompa, le bras de mer se retrouve ainsi au cœur d’un problème qui mêle gestion des déchets, protection de l’environnement et préservation du cadre de vie. La mise en place de solutions adaptées pour la collecte et le dépôt des ordures pourrait contribuer à réduire les rejets dans cette zone.

 

Maïmouna Keïta, stagiaire pour Laguinee.info

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