La mémoire de 1958 a occupé une place centrale, ce mardi 25 août, à la Maison de la Presse de Guinée, à la Minière. La Fondation Internationale Ahmed Sékou Touré pour la Paix (FIAST) y a célébré son 12ᵉ anniversaire autour du thème : « La culture, la paix et la quiétude sociale ».

La rencontre a réuni responsables de la fondation et plusieurs acteurs du monde culturel. Les échanges ont porté à la fois sur la mémoire historique, la culture, la paix et les enjeux actuels liés à l’unité nationale et au vivre-ensemble.
Pour Elhadj Fodé Mandjaye Magassouba, président de la FIAST, cet anniversaire constitue un moment de mémoire, mais également une occasion de renouveler l’engagement de la fondation en faveur de la paix et de la cohésion sociale.
Prenant la parole à l’ouverture de la cérémonie, il a exprimé son émotion et son espoir quant à la poursuite des activités de la fondation :
« C’est avec une profonde émotion, mais aussi avec une éminente fierté et beaucoup d’espoir que je prends la parole pour la célébration de la 12ᵉ année de la fondation FIAST », a-t-il déclaré.
Selon le président de la FIAST, la sauvegarde de la mémoire historique, culturelle et patriotique reste au cœur des missions de l’organisation. Il a également appelé les citoyens à considérer la paix et la cohésion sociale comme une responsabilité collective.

Dans son intervention, Fodé Mandjaye Magassouba a par ailleurs salué l’engagement du président de la République, le général Mamadi Doumbouya, en faveur de la paix et de l’unité nationale. Il a aussi exprimé sa reconnaissance pour l’attention accordée à la mémoire d’Ahmed Sékou Touré, premier président de la Guinée, ainsi qu’à sa famille et à son héritage historique.
La culture comme outil de cohésion
Au fil des interventions, la culture s’est imposée comme l’un des principaux leviers évoqués pour renforcer le vivre-ensemble. Pour les responsables de la FIAST, artistes et acteurs culturels ont notamment une responsabilité dans la manière dont les questions sociales et politiques sont abordées dans l’espace public.

Ibrahima Sory Camara, administrateur général de la fondation, estime que la célébration de cet anniversaire doit surtout conduire les citoyens à réfléchir à leur rôle dans la préservation de la paix.
Il a ainsi invité les participants à replacer la question de la cohésion sociale au centre des responsabilités individuelles et collectives :
« Nous avons le devoir de réfléchir ensemble sur les responsabilités qui nous incombent dans la préservation de la paix, de l’unité nationale et de la cohésion sociale », a-t-il souligné.
L’administrateur général a également établi un lien entre l’anniversaire de la FIAST et la commémoration du 25 août 1958, date que la fondation présente comme une étape importante de l’histoire nationale.
Dans cette perspective, il a insisté sur la diversité culturelle, ethnique et linguistique de la Guinée, qui, selon lui, doit être considérée comme un facteur de cohésion plutôt que comme un motif de division.
Il a formulé cette conviction devant les artistes, musiciens, cinéastes, écrivains, comédiens, producteurs et créateurs de contenus présents à la cérémonie :

« Cette diversité ne doit jamais être une source de division, mais plutôt une force capable de consolider notre unité nationale », a-t-il insisté.
Le responsable de la FIAST a également appelé les acteurs culturels à faire preuve de responsabilité dans leurs productions et leurs prises de parole. Il les invite notamment à éviter les injures, les humiliations et les messages susceptibles d’alimenter les tensions ou d’encourager la violence.
La fondation a, par ailleurs, salué certaines initiatives du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, notamment le lancement des travaux de construction des musées régionaux.
De 1958 à aujourd’hui, la question de la souveraineté
Les échanges ne se sont toutefois pas limités à la commémoration du passé. La question de la souveraineté a également occupé une place importante dans les discussions.
Anta Cheick Condé, doyen de la FIAST, a invité les participants à dépasser la simple célébration historique et à tirer des enseignements de cette période pour réfléchir aux enjeux actuels.
Pour lui, la commémoration doit permettre d’établir un lien entre l’histoire nationale, les réalités actuelles et les perspectives d’avenir :
« Commémorer ne signifie pas seulement célébrer le passé, c’est aussi interroger le présent et préparer l’avenir », a-t-il déclaré.
Soixante-huit ans après 1958, son intervention a ainsi ouvert une réflexion sur la définition de l’indépendance dans le contexte actuel. La souveraineté politique, estime-t-il, ne saurait être dissociée des capacités économiques et sociales d’un État.
Il cite notamment la souveraineté alimentaire, la maîtrise des ressources naturelles, l’accès au savoir et la capacité de la Guinée à déterminer elle-même ses priorités comme autant d’enjeux liés à cette notion.
Anta Cheick Condé résume cette conception de la souveraineté en ces termes :

« Une nation n’est indépendante que lorsqu’elle peut nourrir sa population, éduquer ses enfants, soigner ses malades et protéger les plus vulnérables. »
À travers ces différentes interventions, le 12ᵉ anniversaire de la FIAST a donc été l’occasion de croiser mémoire historique et préoccupations contemporaines. La référence à 1958 a servi de point de départ à des discussions sur la paix, la culture, la diversité, la souveraineté et la cohésion sociale.
La rencontre s’est achevée sur un appel à préserver la mémoire historique tout en faisant de la culture et de la paix des instruments du vivre-ensemble en Guinée.
Naby Moussa Camara, Stagiaire pour Laguinee.info





