À 23 ans, Elhadj Mamadou Pathé Diallo mène un quotidien rythmé par les cours à l’université et les trajets à moto dans les rues de la capitale guinéenne. Comme de nombreux jeunes confrontés aux difficultés économiques, il exerce le métier de taxi-motard afin de financer ses études et de subvenir à ses besoins.

Au guidon de sa moto, il sillonne les quartiers de Conakry dès les premières heures de la matinée. Quelques heures plus tard, il rejoint les amphithéâtres de l’université avant de reprendre son activité en fin de journée. Une organisation qu’il a mise en place pour concilier études et travail.
Un métier choisi pour poursuivre ses études
Le jeune homme explique que son aventure dans le transport à moto remonte à ses années de terminale. À cette époque, il cherchait une solution pour poursuivre sa scolarité sans dépendre entièrement de sa famille.
Un proche lui propose alors de conduire une moto de transport. Il accepte, conscient que cette activité pourrait lui permettre de couvrir une partie de ses dépenses.
« Ce n’était pas vraiment un choix. Je voulais trouver un moyen de me débrouiller tout en continuant mes études », raconte-t-il.
Depuis, il partage son temps entre les études et le métier de taxi-motard.
Une journée minutieusement organisée
Pour réussir à concilier ses deux activités, Elhadj Mamadou Pathé Diallo suit un emploi du temps bien établi.
Sa journée commence dès 6 heures du matin. Jusqu’à midi, voire 13 heures selon l’affluence, il transporte des passagers à travers plusieurs quartiers de Conakry. Après une courte période de repos, il rejoint ses cours lorsqu’il en a. En fin d’après-midi, il reprend sa moto à partir de 16 heures et poursuit son activité jusqu’en soirée.
Cette discipline lui permet de poursuivre son cursus universitaire tout en générant des revenus.
Interrogé sur les recettes qu’il réalise quotidiennement, il préfère ne pas communiquer de chiffres. Il affirme toutefois que cette activité lui permet de payer une partie de son logement, sa nourriture, ses frais universitaires ainsi que certaines dépenses personnelles.
Lorsque les revenus sont suffisants, il apporte également un soutien financier à sa famille, notamment pour l’achat de produits alimentaires.
Un métier exposé à de nombreux risques
Si cette activité lui offre une certaine autonomie financière, elle l’expose aussi à plusieurs difficultés.
Au quotidien, il doit composer avec les embouteillages, les longues heures passées sous le soleil, l’insécurité, les vols et les arnaques.
Il garde également les séquelles d’un accident de la circulation survenu au rond-point de Gbessia. Deux cicatrices visibles sur son bras témoignent encore de cet incident.
Malgré cette épreuve, il a choisi de poursuivre son activité
En 2022, il affirme aussi avoir perdu sa première moto après avoir été victime d’une arnaque. Une situation qui l’a contraint à recommencer pratiquement à zéro.
Le jeune homme évoque également certaines difficultés rencontrées lors de contrôles routiers, qu’il estime parfois injustifiés.
Entre fatigue et détermination
Concilier les études universitaires et une activité aussi exigeante physiquement n’est pas sans conséquences.
Après plusieurs heures passées sur sa moto, il doit encore trouver l’énergie nécessaire pour assister aux cours, préparer ses évaluations et poursuivre son parcours universitaire.
Malgré cette charge de travail, il affirme rester déterminé à obtenir son diplôme afin d’améliorer durablement ses conditions de vie.
Un avenir tourné vers la stabilité
Au-delà des revenus qu’il tire de son activité actuelle, Elhadj Mamadou Pathé Diallo nourrit des ambitions pour l’avenir.
« Mon plus grand projet est de fonder ma propre famille et de faire en sorte qu’il ne lui manque de rien », confie-t-il.
Pour lui, le métier de taxi-motard constitue une étape dans son parcours, en attendant de décrocher un emploi correspondant à sa formation.
Une réalité partagée par de nombreux jeunes
Le parcours d’Elhadj Mamadou Pathé Diallo reflète celui de nombreux étudiants guinéens qui exercent une activité génératrice de revenus afin de financer leurs études. Entre les exigences de l’université et les contraintes du monde du travail, ces jeunes tentent de construire leur avenir dans un contexte économique marqué par le coût de la vie et la rareté des opportunités d’emploi.
À Conakry, le métier de taxi-motard représente ainsi, pour certains étudiants, bien plus qu’une simple activité de transport : il constitue un moyen de poursuivre leur formation et d’espérer un avenir meilleur.
Mamadou Oury Diallo, stagiaire, pour Laguinee.info





