Dans plusieurs marchés de la capitale guinéenne, la hausse des prix des produits alimentaires continue de peser sur le quotidien des ménages. Au marché de Sonfonia gare, commerçantes et consommateurs constatent une augmentation progressive des prix des denrées de première nécessité, notamment le riz, l’huile, le sucre, l’oignon et la pomme de terre, a constaté Laguinee.info à travers un de ses reporters.
Dans les allées du marché, le constat est le même : les paniers des ménages se remplissent moins, mais les dépenses augmentent. Pour de nombreuses familles, faire les provisions devient un véritable défi face à la montée des prix.
Du côté des vendeuses, cette situation s’explique principalement par les difficultés d’approvisionnement et la hausse des prix auprès des fournisseurs. Une commerçante rencontrée au marché de Sonfonia gare explique les difficultés auxquelles elle est confrontée.
« Nous espérons d’abord que le président diminue le prix du riz avant les autres produits de provision. Chaque matin, nous venons au marché pour chercher de quoi nourrir nos enfants. Nous gagnons un peu d’argent grâce à nos ventes, mais avec 1 000 000 de francs guinéens, on ne peut presque rien acheter en gros », témoigne-t-elle.
Selon cette vendeuse, l’augmentation des prix contraint les commerçantes à revoir leurs tarifs, au risque de perdre des clients.
« Quand on achète les marchandises plus cher, nous sommes obligées d’augmenter les prix à notre tour et cela décourage les clients. Parfois, je revends presque au même prix d’achat pour ne pas perdre. Un produit acheté à 10 000 francs guinéens peut être revendu à 12 000 francs, mais même avec cela, les frais de transport ne sont pas toujours couverts », explique-t-elle.
La commerçante souligne également une situation paradoxale concernant certains produits agricoles cultivés localement.
« Certains produits comme l’oignon sont cultivés ici en Guinée. Nous aidons nos maris afin de subvenir aux besoins de la famille. Mais si les produits deviennent trop chers, où allons-nous ? », s’interroge-t-elle.
Les consommateurs réduisent leurs dépenses
Face à cette flambée des prix, les consommateurs ressentent directement l’impact sur leurs budgets quotidiens. Une cliente rencontrée sur place affirme que les dépenses alimentaires deviennent de plus en plus difficiles à supporter.
« Les prix commencent à varier. Nous avions l’habitude de payer les sacs d’oignons à 170 000 ou 175 000 francs guinéens. Maintenant, nous les achetons à 190 000 francs. Les sacs de pommes de terre qui coûtaient environ 170 000 francs sont aujourd’hui vendus entre 280 000 et 300 000 francs », explique-t-elle.
Pour cette consommatrice, cette situation représente une inquiétude majeure pour les familles qui doivent désormais faire des choix dans leurs dépenses.
À Sonfonia gare comme dans plusieurs autres marchés de Conakry, ménages et commerçants tentent de s’adapter à cette nouvelle réalité économique. En attendant une éventuelle amélioration, chaque hausse de prix continue d’avoir un impact direct sur le pouvoir d’achat des populations.
Mohamed Sylla, stagiaire, pour Laguinee.info





