Le décès de Mamadou Diouma Bah, élève de 17 ans en classe de terminale Sciences mathématiques au Groupe scolaire Souleymane Thiam de Kindia, continue de susciter des réactions. Accusé de fraude lors des épreuves du baccalauréat unique session 2026 et condamné à un mois de détention, le jeune candidat est décédé après une dégradation de son état de santé.
Selon les informations disponibles, Mamadou Diouma Bah souffrait de drépanocytose de type SS. Sa famille avait alerté sur la nécessité d’une prise en charge médicale adaptée. Après une crise de santé, il aurait été conduit dans un centre hospitalier avant de décéder.
Dans une déclaration rendue publique, le Syndicat national de l’éducation (SNE) a exprimé son indignation et demandé que toute la lumière soit faite sur les circonstances du décès.
« Arrêté et jugé à la suite des récents événements de fraude lors des épreuves du baccalauréat, ce jeune homme portait déjà un lourd fardeau : il souffrait de drépanocytose. Extrait une première fois de sa cellule pour recevoir d’urgence des soins à l’hôpital, sa vie ne tenait plus qu’à un fil », a déploré le syndicat dirigé par Michel Pépé Balamou.
Le SNE affirme que malgré les demandes de la famille pour maintenir l’élève en milieu hospitalier, celui-ci aurait été reconduit en détention avant son décès.
« Il a été ramené de force en prison, où la mort est venue l’arracher à la vie », a déclaré l’organisation syndicale, qui présente ses condoléances à la famille du défunt et à la communauté éducative de Kindia.
Le syndicat réclame également une enquête pour établir les responsabilités dans cette affaire.
« Nous exigeons haut et fort que justice soit faite. Aucune rigueur de la loi, aucun règlement ne saura jamais justifier la violation du droit le plus sacré de l’être humain : le droit à la vie », a indiqué le SNE.
Le parquet dément un décès en détention
De son côté, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kindia, Mamadou Bhoye Diallo, apporte une autre lecture des événements. Selon lui, Mamadou Diouma Bah n’est pas décédé en prison.
Le magistrat affirme que des mesures ont été prises dès que l’administration pénitentiaire a signalé la dégradation de son état de santé.
« Ce jeune, Mamadou Djouma Bah, faisait partie des candidats condamnés pour fraude aux examens. Malheureusement, il est décédé des suites de ses rhumatismes, mais il n’est pas décédé en prison », a déclaré le procureur chez nos confrères de Mediaguinee.com.
Selon lui, le détenu avait déjà été conduit à deux reprises à l’hôpital avant que la décision soit prise de le confier à sa famille.
« Dès que le régisseur m’a informé de son état de santé, après l’avoir déjà conduit à deux reprises à l’hôpital, et comme son état ne s’améliorait pas, j’ai demandé qu’il soit remis à ses parents. Ce sont eux qui l’ont ensuite conduit auprès de son médecin traitant. C’est entre les mains de ce dernier que Mamadou Djouma est décédé », a expliqué Mamadou Bhoye Diallo.
Le procureur précise également que, selon la famille, le jeune homme souffrait déjà de problèmes de santé avant son placement en détention.
« D’après ses parents, il souffrait déjà de rhumatismes, ce qui avait motivé son transfert à Kindia. Malheureusement, il s’est retrouvé dans cette situation. Nous sommes profondément attristés, car personne ne peut souhaiter la mort de son prochain », a-t-il ajouté.
Alors que les réactions se multiplient au sein de la communauté éducative, les circonstances exactes du décès de Mamadou Diouma Bah restent au cœur des interrogations. Les différentes versions avancées devront être confrontées aux résultats des éventuelles investigations pour établir les faits.
Ismaël Sam, pour Laguinee.info





