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Affaire Mamadi Konoma Keïta : le SPPG accuse la HAC d’avoir franchi la ligne rouge et exige le retrait de la sanction

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Le Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG) monte au créneau dans l’affaire opposant le journaliste Mamadi Konoma Keïta à la Haute Autorité de la communication (HAC). Dans une déclaration publiée lundi 13 juillet 2026, l’organisation syndicale exige le retrait immédiat de la décision interdisant au fondateur de Konoma Guinée et de Konoma TV d’exercer.

Après analyse du dossier par son antenne régionale de Kankan, le SPPG affirme avoir relevé plusieurs irrégularités dans la procédure ayant conduit à la sanction. Pour le syndicat, la décision de la HAC serait « entachée de graves irrégularités de procédure », fondée sur « une interprétation contestable des textes » et constituerait « une atteinte disproportionnée à la liberté de la presse ».

Une sanction prise sans entendre le journaliste, selon le SPPG

Le premier angle d’attaque du syndicat vise la méthode. Selon le SPPG, Mamadi Konoma Keïta aurait été sanctionné sans avoir été convoqué ni entendu par l’autorité de régulation:

« Le journaliste a été sanctionné sans avoir été préalablement entendu, sans convocation, sans audition et sans avoir eu la possibilité de présenter ses observations ou d’assurer sa défense », affirme le syndicat.

Pour le SPPG, cette absence de débat contradictoire fragilise toute la décision: « Une autorité de régulation ne peut valablement prononcer une sanction aussi lourde sans permettre à la personne concernée d’être entendue », insiste l’organisation, qui considère que cette violation de la procédure justifie à elle seule le retrait de la mesure.

Carte de presse : un argument jugé insuffisant

La HAC reprocherait également au journaliste d’exercer sans carte professionnelle en cours de validité. Une justification que le SPPG conteste fermement.

Le syndicat affirme que Mamadi Konoma Keïta avait engagé les démarches pour renouveler son document et que le retard serait lié aux dysfonctionnements du processus de délivrance des cartes professionnelles.

Surtout, le SPPG estime que l’absence temporaire de carte de presse ne suffit pas à effacer la qualité de journaliste.

« La carte de presse constitue un moyen d’identification et ouvre certains avantages professionnels. Cependant, elle ne crée pas, à elle seule, la qualité de journaliste », rappelle le syndicat.

L’organisation invoque la loi sur la liberté de la presse, qui définit les conditions d’accès à la profession, notamment la formation et l’expérience.

Le SPPG pointe également une incohérence dans la position de la HAC : l’institution avait récemment accrédité Mamadi Konoma Keïta pour couvrir les élections législatives et communales avant de contester aujourd’hui sa légitimité à exercer.

Une sanction étendue à un autre média contestée

Le syndicat s’attaque aussi au périmètre de la décision. Selon lui, les faits reprochés concernent des contenus diffusés sur Konoma TV, mais la HAC a également frappé le site d’information Konoma Guinée d’une interdiction d’exercer.

Pour le syndicat de la presse, cette extension constitue une sanction excessive.

« Une mesure de régulation ne peut avoir pour effet de faire disparaître l’ensemble des activités professionnelles d’un journaliste lorsqu’elles ne sont pas toutes concernées par les faits reprochés », estime le syndicat.

Le SPPG alerte sur la sécurité du journaliste

Au-delà du contentieux administratif, le syndicat évoque la situation sécuritaire du journaliste.

Selon les informations transmises au SPPG, Mamadi Konoma Keïta aurait été poursuivi dans la nuit du 9 au 10 juillet par des individus à moto. Son téléphone aurait disparu lors de cette poursuite avant d’être retrouvé le lendemain. Le syndicat rapporte également une effraction au siège de son agence de communication avec la disparition de plusieurs matériels.

Le SPPG dit ne pas établir de lien direct entre ces incidents et la décision de la HAC, mais alerte sur les conséquences possibles d’une sanction publique visant un journaliste:

« La stigmatisation publique d’un journaliste par une institution de régulation est susceptible d’accroître sa vulnérabilité et d’encourager des actes d’intimidation à son encontre », soutient l’organisation.

Le bras de fer se poursuit

Dans sa déclaration, le SPPG demande le retrait immédiat de la décision visant Mamadi Konoma Keïta et ses médias. Il appelle également la HAC à respecter les principes du contradictoire et de proportionnalité dans ses procédures disciplinaires.

Le syndicat sollicite enfin l’intervention des autorités judiciaires et sécuritaires pour garantir la sécurité du journaliste et faire la lumière sur les actes d’intimidation rapportés.

Pour le SPPG, l’enjeu dépasse le cas individuel de Mamadi Konoma Keïta : il touche, selon lui, à la place de la liberté de la presse dans le paysage médiatique guinéen.

 

Laguinee.info

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